‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 103 sur 114 · CHAPITRE XXXin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXin

J'avais une vieille parente de beaucoup d'esprit, dont la conversation était desplus intéressantes; mais sa mémoire, à la fois inconstante et fertile, la faisait passer souvent d'épisodes en épisodes, et de digressions en digressions, au point qu'elle était obligée d'implorer le secours de ses auditeurs : a Que voulais-je donc vous raconter? » disait-elle, et souvent aussi ses auditeurs l'avaient oublié, ce qui jetait toute la société dans un embarras inexprimable. Or, l'on a pu remarquer que le môme accident m'arrive souvent dans mes narrations, et je dois convenir en effet que le plan et l'ordre de mon voyage sont exactement calqués sur l'ordre et le plan des conversations de ma tante ; mais je ne demande main-forte à personne, parce que je me suis aperçu que mon sujet revient de lui-môme, et au moment cù je m'y attends le moins.

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