‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 28 sur 105 · CHŒUR DES ALBIGEOIS · texte numérisé non relu

CHŒUR DES ALBIGEOIS

La coupe de la vie s'échappe à moitié pleine de nos mains, — d'autres lèvres se pencheront vers elle. Oh!

(^B^BUOTHECA

Templiers, nous la remettons en vos mains; — recevez-la (le nous; — vous renverserez l'injustice et la violence; — vous n'attendrez pas en vain l'Esprit !

PLUSIEURS VOIX

Pourquoi nous as-tu abandonnés. Seigneur ? Ne sommesnous pas tes fils chéris, et tu donnes la victoire à tes fils ingrats !

CHŒUR DANS LE LOINTAIN

Sur la terre, celui-là est orphelin et non fils du Seigneur, qui ne pose pas de bornes à ses désirs, car il ne connaît pas la sagesse éternelle ! Mais, en vérité, il est un fils ingrat celui qui extermine par des massacres les aspirations prématurées, car il méconnaît l'éternel amour !

Quels gémissements ! l'air retentit de gémissements ! — De toutes parts s'avancent des cavaliers armés de lances, — ils foulent les hommes aux pieds et les fauchent comme des épis. — Pourquoi me retiens-tu, Ahgher? — A leur secours! à leur secours ! — sur les heaumes brillent des couronnes de prince et de comte. — Et la croix ! — doux Jésus ! ta croix ! Jésus-Marie ! la croix partout, et, sur elle, partout le sang humain ! Et là-bas une couronne d'incendies fait déjà flamboyer la plaine, — elle glisse, — se resserre, — la fumée me remplit les yeux, — de la fumée, rien que de la fumée comme un voile devant moi, — et derrière, des grincements,— des pleurs, — quelques psaumes, et encore ce cri !

ALIGHER.

Tout cela fut, mais n'est plus !

LE JEUNE HOMME

D'où vient-elle, et qu'est-elle, cette puissance magnétique qui m'enveloppe et m'oppresse, — ma pensée commence à s'altérer, — tout ce que je vois est si réel, si vivant de la vie, si mourant de la mort !

LE POKMK INACHEVE

ALlGHtLR.

Hommo, ne saurais-tu mémo affronter l'image de ce (jue (les hommes comme toi ont supporté jadis en réalité? C'est un sang idéal, et tu pâlis déjà !

LE JEUNE HOMME

C'est que ce sang n'est pas le mien !

ALIGHER.

Tourne-toi donc vers moi, — la plaine provençale a disparu ; — regarde, voici maintenant une prison et quelques lampes funéraires, — et le grand maître condamné, — et les frères qui, à sa suite, monteront sur le bûcher !

LE JEUNE HOMME

Combien de fois, enfant, n'ai-je pas rêvé à cette croix rouge sur ces manteaux blancs, — et je me suis attaché à cet ordre persécuté, par cela même qu'il fut persécuté.

ALIGHER.

Et maintenant, écoute les paroles que le vieillard prononça la Vieille même de sa mort. — 11 va les répéter à l'instant!

LE JEUNE HOMME

C'est lui qui se promène au milieu de ses frères enchaînés et silencieux?

ALIGHER.

Vois, il s'arrête et lève ses mains chargées de fer. — li parle !

VOIK DU GRAND MAITRE

Templiers, fils et frères ! La conception en était sainte pourtant, et une sainte action devait en jaillir ! De la mer à la mer, du levant au couchant, une république, et en elle le règne de Dieu sur la terre ! Comme je vous le rends, vous me rendrez témoignage à la dernière heure.

Je ne vous conduisais point à l'erreur, et, quoique vous alliez mourir, je ne vous ai point trompés! N'avons-nous

pas passé nos jours, n'avons-nous pas vécu là où le Seigneur est né; et, dans le souffle des vents au-dessus du mont des Oliviers, n'avons-nous pas entendu sa voix ?

CHfEUR DES TEMPLIERS.

Et dans la nuit claire, en passant près du Golgotha, nous l'avons vu!

VOIX DU GRAND MAITRE

Non crucifié !

CHŒDR DES TEMPLIERS.

Avec des étoiles aux mains, des étoiles aux pieds, passant dans les cieux!

VOIX DU GRAND MAITRE

Et quoique nous n'ayons pas saisi sa. parole, nous avons pénétré sa pensée; — et nous savons depuis, que nonseulement un homme, — non-seulement une assemblée d'hommes, — non-seulement une nation et plusieurs nations, mais toutes, toutes ensemble, doivent former l'Église universelle !

CHŒUR DES TEMPLIERS

Nous le savons, et nous en rendons témoignage ; — il faut et il n'y aura qu'un seul troupeau : l'humanité ! et un seul pasteur : Dieu régnant !

VOIX DU GRAND MAITRE

Et aujourd'hui que voyons-nous ? le pape et le roi, le roi et le pape, comme deux glaives douloureux dans un même cœur, au cœur du monde! Tout ce qui devrait être uni est séparé. Au delà du tombeau, le ciel échoit comme refuge aux malheureux; — le temps présent devient un malheur vivant; — la terre et le ciel sont séparés pour des siècles. Là-haut la volonté de Dieu, — ici-bas la volonté des papes et des rois!

CHŒUR* DES TEMPLIERS

Et au ciel, comme sur la terre, elle est une !

VOIX DU GRAND MAITRE

Amen ! Mais nous ne le verrons plus. — Le temps est venu ; comme une forte colonne nous penchons déjà, nous allons tomber, nous briser en morceaux, nous réduire en poussière 1 Notre immortalité commence ! Quelle perte pour les siècles! Tout était prêt et, dans l'attente, l'Europe tressaillait de désir et d'espoir! Frères! remettons à moitié pleine la coupe de la vie aux mains des combattants qui resteront sur la terre et qui ne s'appelleront plus de notre nom :,aux mains des Rose-Croix!

CHŒDR DES TEMPLIERS,

Nous la remettons en leurs mains.

VOIX DU GRAND MAITRE

Amenl Gloria Deo in excelsis!

CHŒUR DES TEMPLIERS

Qu'ils affranchissent tout corps; — que la vaine poussière pour eux s'a^'ite de vie; — qu'en leurs mains chaque métal se change en or; que la puissance du miracle réconcilie le monde extérieur avec le monde intérieur; — que l'Esprit soit leur consolateur à eux et à tous ceux qui viendront après!

VOIX DU GRAND MAITRE

Amen!

ALIGHER.

La nuit les entoure, — le temps les engloutit. — Mettonsnous à la poursuite du temps, Henri. — Suis-moi, suis-moi plus loin !

LE JEUNE HOMME

La douleur de tous ces changements, l'amertume de tous ces trépas fondent ensemble sur nous cette nuit !

Celui qui n'est pas mort de toutes les morts et n'a pasres-

suscité de toutes les aurores de l'humanité; celui dont la douleur n'a pas égalé ses douleurs et la ténacité sa constance, ne verra point les noces préparées pour elle depuis des siècles !

CHŒUR DES VOIX AERIENNES

Par-dessus les siècles, nous volons, nous regardons, et nous pleurons! Oh! malheur, malheur! La parole de Dieu s'est scindée ! — L'Église a durci comme le roc, et la mer de l'esprit humain pousse ses vagues contre elle, rejaillit en arrière ou gronde à côté ! Le roc est ici, et les vagues sont là-bas !

Oh! malheur, malheur! L'édifice européen tremble; — il n'est pas en croissant devenu une cathédrale, et ne s'est pas transformé non plus en palais d'empereur! — A moitié clerc et à moitié laïque, il n'a atteint ni le ciel, ni les entrailles de la terre ; il est voué à la destruction, — et que de violence, de déchirements, de douleurs de désespoir, et de guerres !

Oh ! malheur, malheur ! Rois, prêtres ou peuple, chacun, au jour du triomphe, est impitoyable ! — Ils luttent, se renversent, et se foulent aux pieds tour à tour !

Toujours moins de Christ dans le monde, — moins de l'esprit vivant!

CHŒUR DANS LE LOINTAIN

L'enfant quitte la maison quand les années de la jeunesse bouillonnent en lui ! — et l'homme fait revient au toit paternel.— Il en est de même de l'humanité, — et sa maison, c'est Dieu !

LE JEUNE HOMME

Arrêtons-nous, car voici la lumière qui apparaît : signe précurseur, sans doute, d'un nouveau supplice !

ALIGHER.

Ne te laisse pas abattre ainsi.

LE POEME INACHF:V1'': 105

l.E JEUNE BOMME.

L'esprit est prompt, mais le corps est faible.

AUGHER.

Celui-là seul a droit au nom d'Esprit qui, d'une même volonté, a su pénétrer son âme et son corps, afin qu'ils soient comme ce gant qui recouvre ma main, obéissant au moindre mouvement.

LE JEUNE HOMME

D'autres fantômes apparaissent à mes yeux, — je ne sais si c'est aux yeux du cori)s ou de l'âme; — il me semble que je vois et de nouveau je n'aperçois rien.

ALIGBER.

Ce n'est pas une illusion, tu vois.

LE JEUNE HOMME

Salut ! chapeaux ronds, manteaux noirs sous lesquels se cachent de longs glaives ! Salut, forges, soufflets, creusets et marteaux! Je vous reconnais, ô alchimistes, lils des Templiers, vous qui avez miné le sol jusqu'à ce que se soit écroulé le trône des Stuarts!

CHŒUR DES ROSE-CRO.'X

Si le corps n'émiuie pas de Dieu, il est donc Dieu luimême, — et s'il émane de Dieu, il doit être divin, — et création du Seigneur, il vit et soupire après le Seigneur. Paix à tout corps; — longtemps maudit et opprimé, il veut s'élever, étinceler dans l'or, lleurir dans la rose de l'Alchimie.

La liberté et l'inspiration sont nos lois; — la nature est notre sœur vivante et belle. Comme le Christ nous a rachetés, nous la rachèterons, et l'ennoblirons par notre amour. Paix à la nature et k chaque corps !

CH(El'R DES MAITRES.

Les liMups ne sont pas venus encore!

CHŒUR DES ROSE-CROJX

Et nous, nous avons vieilli, et nous sentons épuisés de travail 1

CHŒUR DES MAITRES

Auparavant tout joug doit se briser, toute oppression être détruite de l'àme sur le corps, ou du corps sur l'âme, -^ dans l'Église, — dans l'empire, — dans l'humanité !

CHŒUR DES ROSE-CROIX

C'est donc en vain que nous nous sommes confiés en vous ; nos feux s'éteignent rapidement l'un après l'autre; — dans la cendre, l'or ne se retrouve nulle part ; — quelques étincelles s'éparpillent dans l'air, — et nous nous dispersons comme elles ! Oh ! maîtres ! vous nous avez menti I

CHŒUR DES MAITRES

Nous VOUS avons dit la sainte vérité.

CHŒUR DES ROSE-CROIX

Est-ce que, dans la demeure éternelle. Mercure a uni la la lune et le soleil? Où est la pierre philosophale ? Où sont les ombres des morts ressuscites ?

CHŒUR DES MAITnES.

Tant que le royaume de Dieu ne sera pas arrivé, tant que l'Esprit ne sera pas descendu, le miracle vous sera refusé! la nature restera aveugle et sourde!

Préparez donc les voies à l'Esprit! Efforcez-vous d'avoir la justice sur la terre ! Changez l'organisation sociale I Tirez vos glaives et aiguisez vos poignards !

CHŒUR DES ROSE-CROIX

Oh ! malheur à nous ! nous mourrons et nous ne verrons pas la tin de nos travaux ! foute fleur et tout or ne sont plus pour nous ! Comme nus grands prédécesseurs, nous ne viderons pas jusqu'au fond la coupe de l'existence!

CHŒUR DES MAITRES

D'autres vous remplaceront si vous avez la foi et la main trop faible ! Il faut maintenant verser son sang et celui des autres, frapper les gouvernements et ôter les têtes royales de dessus les épaules des peuples d'Europe, — il faut déchirer maintenant l'Église par de nouvelles douleurs, afin qu'elle se sente vivre et sorte de son assoupissement I Le siècle change, et avec lui nos labeurs . — En avant donc !

LE JEUNE HOMME

0 pauvres et pâles fantômes ! Ils ont tiré leurs glaives et ces glaives s'échappent de leurs mains; — ils fléchissent; — ils tombent à terre; — de leurs mains ils enlacent les pieds des maîtres. — Oh! tout est inutile quand l'heure de quelqu'un est passée !

CHŒUR DES MAITRES

Vous le voyez vous-mêmes, vous n'êtes plus que poussière ! . . . Ne vous opposez pas, — ne tardez pas, — prononcez volontairement la parole qui transvase du passé une force mystérieuse dans l'avenir I

CHŒUR DES ROSE-CROIX

Dans quelles mains, dans quelles mains faut-il remettre la coupe de la vie?

CHŒUR DES MAITRES

Aux mains des frères francs-maçons, remettez-la!

CHŒDR DES ROSE-CROIX

Amen ! — Qu'ils hâtent la venue du royaume d'un milliers d'années; —et qu'au terme de leur carrière, la foi et l'espérance n'abandonne pas leurs cœurs comme les nôtres!

LE JEUNE HOMME

Terrible agonie!

ALIGHER.

Le doute et la mort sont la plus haute épreuve des es-

108 LE rOËAIE INACHEVE

l)rits, la dernière qui doive être surmontée par eux. Sans elle, leur mérite serait diminué de toute la grandeur du ciel !

— Et sans mérite, — sans labeur, comment devenir soimême? Comment devenir immortel?

LE JEUNE HOMME

Les maîtres se sont éloignés, — et eux gisent par terre; leurs feux achèvent de s'éteindre au-dessus de leurs corps. Je me souviens avoir vu des chartreux couchés ainsi sur les dalles de leur église.

AIJGHER.

Paix aux morts! — Allons du côté où sont allés les maîtres.

— Ne te détourne point. — Là-bas, il n'y a plus que ténèbres !

J'ai regret des morts.

ALIGHER.

Oh! enfant! Si tu veux retrouver les morts que tu as quittés ne jette jamais les yeux en arrière, mais regarde en avant ! regarde devant toi! car ils renaissent et vivent déjà dans les champs de l'avenir.

CHŒUR DES voix AÉRIENNES.

Nous volons au-dessus des siècles, regardant et pleurant.

L'âme du monde s'est divisée, l'Église s'est divisée, et partout, soit à Rome, soit à Augsbourg, l'àme a plié sous le corps!- — l'Église a plié sous les rois! Et le corps du monde ne s'infuse pas en un seul esprit avec l'âme; — il s'est enorgueilli; — il veut exister par lui-même 1 — Il a cent têtes et cent couronnes ! Rien que des rois, des rois partout !

— Le nom de l'Europe, c'est roi!

Les fondements de leurs trônes s'appuient sur des tètes de héros; — et chacun de ces dieux terrestres a oublié le Dieu céleste. Il a oublié qu'il est présent partout et que sa fille est l'humanité, — dont descendent les nations; 7- et que

LE POKME INACHEVE 109

ces cnfiints doivent aller vers leur mère jusqu'à ce qu'ils la découvrent et se couchent à ses pieds dans la joiel — 0 iKitions, ô vous, lumières sur la terre, votre rayonnement s'éteint 1 De vos dépouilles se forment des États factices, — cadavres mis en mouvement par l'étincelle galvanique des gouvernements !

Kt partout la violence, partout la force, — partout la révolte!

CHŒUR DANS LE LOINTAIN

Regardez et considérez ! — Depuis la croix sur laquelle expira le Seigneur, il n'y a pas eu sur cette planète de crime plus infernal, de plus poignant martyre ! Là, c'était Dieu martyrisé dans l'homme; ici, c'est l'humanité martyrisée dans une nation! Mais ayez confiance, car un crime infini doit être racheté par un hien infini. Du martyre sans limites d'un seul, doit sortir l-a vie sans bornes de tous!

LE JEUNE HOMME

Partout, en haut, en bas, de côté, jaillissent des lampes, — elles s'accrochent aux murailles. — Partout de noires tentures et des voiles funéraires, partout des aigles d'argent et des étendards cramoisis; —des crêpes transparents volent dans l'air. Qui va-t-on enterrer? serait-ce -la race humaine tout entière ?

ALIGIIER.

Tu l'as dit : c'est le deuil de l'humanité.

LE JEUNE HOMME

Et la terre s'est entr'ouverte..., un catafalque sort de terre; qu'il est haut, qu'il est grand ! un corps recouvert d(! voiles repose dessus!

ALIGHËR.

Trois hommes gravissent les degrés du catafalque, — ils arracheront le linceul et tu reconnaîtras le corps.

LE JEUNE HOMME

Auprès de lui ils semblent des nains difformes. Que tiennent-ils à la main?

AUGHER.

Des sceptres, mais qui, en place de croix, se terminent en baïonnettes.

LE JEDNE HOMME.

Et sur la tête ils ont des perles énormes et des coraux !

AUGHER.

Oui, des larmes gelées et du sang humain!

LE JEUNE HOMME

Déjà, ils l'atteignent!

ALIGHER,

Ils arrachent le voile. — Regarde.

LE JEUNE HOMME

Un archange dans la blanche tunique que lui font ses ailes, un archange mort, oh! Dieu! — et ses ailes sont fixées sur sa poitrine par les lames de trois glaives enfoncés dans son sein comme trois grandes croix !

ALIGHER.

Et ce nom écrit au-dessus en sang resplendissant dans Tair!

LE JEUNE HOMME

Ah ! je voudrais toucher des lèvres cet arc-en-ciel de sang ! — il me faut baiser quelque chose, — il me le faut, — fûtce la terre devant ce nom !

ALIGHER.

Relève-toi !

LE JEUNE HOMME

Non; — je veux rester étendu en croix; c'est mon archange, et je sais qu'il n'est pas mort. — Les cadavres

LE POËME INACHEVÉ Ul

ne brillent [n\^ d'une lumière pareille. Il repose seulement. — VdT hùy Dieu me parie et me parlera. Moi, je suis de lui; — je suis une parcelle de cette beauté divine, de cette sainteté, — de cette justice et de cette douleur ! — C'est mon père et ma mère, — c'est mon tout. — Pourquoi ne me permets-tu pas de m'abîmer dans la poussière? Laissemoi, ne me force pas à me relever !

CHŒUR DES NAINS

Couvrons-le de nouveau du linceul ! couvrons-le, car il respire ! — et tant qu'il respirera, il n'y aura pas d'ordre ; — nous ne faucherons pas notre moisson et nous ne nous endormirons pas sur des {gerbes de corps humains.

LE JEUNE HOMME

Pas même un instant, non jamais, vous ne vous endormirez tranquilles sur cette terre ou dans la tombe ! Vous êtes immortels par le remords et l'infamie comme d'autres par le bonheur et la gloire 1

ALIGIÎER.

Vois leur agitation et leur trouble !

LE JEUNE HOMME

Et de nouveau ils m'ont ravi mon bien, mon archange resplendissant !

ALIGHEB.

Tu t'es relevé, et eux, ils sont tombés à terre ei se traînent dans la poussière !

CHŒUR DES NAINS

Quand donc, quand donc le cœur cessera-t-il de battre dans cette poitrine sous nos trois tranchants I Continuellement avec nos sceptres connue avec des marteaux, nous enfonçons ces poignées et ce cœur les repousse toujours — et ces ailes demeurent d'une blancheur immaculée, quoique nous les ayons inondées de torrents de sang. Qu'est-ce donc ?

et serait-il vrai qu'un esprit supérieur, et non le sort aveugle gouverne le monde?

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