‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 58 sur 105 · LES MAUVAIS ESPRITS · texte numérisé non relu

LES MAUVAIS ESPRITS

Frères ! réjouissez-vous ! réjouissez-vous ! l'époux.

Inutile de lutter, ^l'âpre volupté de la chute m'entraîne, — le vertige s'empare de mon âme, — ô Dieu ! l'ennemi est vainqueur !

l'ange gardien (apparaissant au-dessus de la mer).

Que la paix du Seigneur s'étende sur les flots; mer, calme-toi !

En ce moment, sur la tête de ton enfant, coule l'eau sainte. Retourne chez toi et ne pèche plus.

Reviens à ton enfant, et aime-le.

(Le salon où est le piano. — L'époux entre, les domestiques le suivent portant des lumières.}

OÙ donc est madame ?

LE DOMESTIQUE

Madame la comtesse est indisposée, monsieur le comte.

l'époux.

Comment? mais elle n'est pas dans sa chambre!

LE DOMESTIQUE

Madame la comtesse n'est plus ici.

l'épodx.

Où est-elle alors ?

LE DOMESTIQUE

Elle est partie hier.

l'js-.poux.

Pour OÙ?

le DOMESTIQUE (s'enfuyant).

Pour une maison de fous.

l'époux.

Marie, voudrais-tu te jouer de moi, — voudrais-tu me punir? Réponds-moi, je t'en conjure. Marie! ma chère Marie!...

Rien, — personne ne répond. — Jean ! Catherine! Cette maison tout entière est devenue muette, sourde!

C'est donc vrai?... Celle à qui j'ai promis la fidélité et le bonheur, je l'ai jetée vivante dans un séjour de damnés... *J'ai détruit tout autour de moi, et je me détruirai moimême... IN'ai-je échappé à l'enfer que pour en être quelques instants encore l'image sur la terre?

Sur quel oreiller reposera-t-elle aujourd'hui sa tête? Quels bruits s'élèveront cette nuit autour d'elle ? — les cris et les hurlements des fous !

...Je la vois :~ ce front si pur où se reflétait toujours une pensée sereine et bienveillante, ce front, elle le tient courbé; sa pensée, elle l'a envoyée dans les déserts à ma recherche, — elle erre maintenant dans l'angoisse...

UNE VOIX (quelque part).

Tu composes un drame.

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