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de ses advantures; encore mesme qu'elles fussent à son désavantage, sous peine d'estre privé de l'ordre de chevalerie;
» 26° Que, sur toutes choses, il sera fidelle, courtois, humble , et ne faillira jamais à sa parole, pour mal, ou perte, qui luy en peust advenir *-. »
Tous les sentiments élevés et généreux , que les sociétés modernes ont puisés au sein du christianisme, se retrouvent dans ces préceptes pratiques. Reproduits sous toutes les formes, en prose, en vers, par les arts , les romans et la littérature du moven-âge, ils pénétrèrent dans les mœurs, et y exercèrent une influence irrésistible. C'est à eux que nous devons notre civilisation française et ce caractère de
1 f'ray Théâtre d'honneur et de chevalerie. ( Wlllson de la Colombière. )
Nous retrouvons, dans un vieux poêle, sous le nom de Ballade du chevalier d'armes, ces mêmes obligations , exprimées en vers pleins de grâce et de naïveté.
Vous qui voulez l'ordre de chevalerie, Il vous convient mener nouvelle vie; Dévotement en oraison veillier, Péchier luyr, orgueil et villénie;
L'église debvez deffeudre La vefve aussi , l'orplienin entre prendre ; Estre hardis et le peuple garder; Prodoms, loyauix , sans riens de l'autruy prendre; Ainsi se doibt chevalier gouverner.
Humble cueurait, tondis ( toujours) doibt travailler Et poursuir faiz de chevalerie, Guerre loyale, estre grant voyagier, Tournois suir, etjouster pour s'amie :
H doibt à tout honnour tendre , Si c'oni ne puist de luy blâme reprendre , Ne lascheté en <rs œuvres trouver ; Et entre touzse doibt tenir le mendie ( moindre) ; Ainsi se doibt chevalier gouverner.
Il doibt amer son seigneur droiturier, Et dessus tous garder sa seigneurie ; Largesce avoir, estre vray justicier ; Des prodommes suir la compagnie ,
Leurs diz oïr et aprandre, Et des vaillans les prouesces comprendre , Afin qu'il puist les grans faiz achever, Comme jadis (ist le roy Alixandre; Ainsi se doibt chevalier gouverner.
légèreté héroïque, de dévouement, d'honneur, de loyauté et de franchise, qui fit si longtemps la gloire de notre patrie.
Après cette lecture , écoutée dans un religieux silence, le candidat à genoux , et la main sur l'évangile, jurait « par sa part de paradis » de conformer sa vie aux admirables maximes qu'il venait d'entendre.
« Que cherchez - vous ? lui disait-on alors l. — Je demande a estre fait che-
» valier. — De quelle condition êtes-vous? — Noble de race et issu de parents
» nobles. — Avez-vous assez de terre pour maintenir honorablement, sans tra-
» fie, ni art méchanique l'état et la dignité chevaleresques?... Je vous advise que
» vous serez contraint de jeusner, quand vous aurez faim, de veiller quand vous
» voudrez dormir, et qu'il vous fauldra endurer, pour la justice, nombre de peines,
» de périls et de souffrances. »
Après avoir reçu les réponses du candidat, le hevalier cchargé de le recevoir » ajoutait : « Ce que vous désirez a été refusé à un grand nombre; mais nous » avons confiance en vostre noblesse et preud'homie. »
Puis tirant son épée, il l'en frappait légèrement sur l'épaule , et lui touchait la joue , avec la pauhne de la main , en ajoutant :
» De par Dieu, NostreDame, monseigneur saint Georges, saint Michel, saint Denis, madame sainte Catherine, ou tout autre saint, je te fais chevalier, sois preulx, hardi et loyal. »
Les parrains relevaient alors le candidat; ils lui chaussaient les éperons d'or, emblème de sa dignité nouvelle, et lui expliquaient le sens mystérieux, attaché à toutes les pièces de son armure 2.
» Les éperons signifient que vous devez être diligent , et poussé en toutes vos actions par l'aiguillon de l'honneur; l'écu sans tache, sur lequel brillent vos armoiries, rappelle la gloire de vos aïeux ; le heaume est la figure de la couronne céleste,
1 Quid quaeris? — Quaero effici miles. — Cnjtis conditionis es? — Nobilis génère et parentibus generosis nalus. — Hubesne unde honeste manu tenere statum et militarem dignitatem , absqne mercimoniis et arte mechanica ? — Habeo Dei gratia bonorum sufficientem copiam, etc. — ( André Favin. — Théâtre d'honneur et de chevalerie . — Sainte-Palaye. — Gassier, Roy. — Histoire de la chevalerie. )
- De même que tous les ornements dont le prestre est revestu , dit l'auteur de ['Ordre de la chevalerie , ont une signification qui se rapporte à son office , de même aussi l'office de chevalier, qui a grande concordance à celui de pi estre , a des armes et des vestements qui se rapportent à la noblesse de son ordre.
Le même auteur donne au prêtre le titre de chevalier spirituel.