‹ Œuvres complètes du roi René (volume 2)Chapitre 22 sur 151 · ASSAILLANT · texte numérisé non relu

ASSAILLANT

Jean de Touteville.

Guichart de Momberon.

Jean du Plessis.

Messire Anthoine d'Aubuisson.

Jean de Monte- Jehan.

Jean de la Haye.

Nicolas de la Chambre.

Pierre de la Juinelhère.

Watier de Nivenen.

Romarin.

Claude d'A vallon.

Antoine de Prie.

Jean de Tiersaut.

François de Tic rsaut.

Le comte de Danipmartin.

Merlin.

Le comte de Tonnère.

Ces deux icy finirent les joustes , personne ne s'élant présenté contre les Tenans.

Le gentil comte de Tonnère, Humblement les daines requen e , Pour achever l'appointement de la 1res amoureuse guerre , Où l'on ne peut qu'amour acquiert Ky perdre seigneurie ny terre, Fors un ruby ou diamant.

Ce jour fut l'accomplissement Du Pas, aussi l'achèvement.

Les vaincus à la jouste , tant du costé des Tenans comme de celuy des Assaillans, estoient obligez de donner un diamant , un ruby ou un cheval , le [dus souvent pour estre donné à leurs maistrcsses. Le poète anonyme dit qu'il y eut cinquante-quatre diamans et trente-six rubis donnés aux dames par les vaincus.

Car pour les deux principaux prix, ils furent délivrés selon l'ordonnance des juges, le dextrier très excellent à Florigny, et uafermaillet, ou boè'te d'or couverte de riches diamans et de très beaux rubis, à Ferry de Lorraine.

Un fermaillet d'or tout marcis (massif),

Semé de diamans et rubis ,

Vallant mille francs de monnoye ;

Et certes si plus je disoye ,

Suis certain que n'en mentiroye.

Je le vis quant par là passoyc.

Les joutes de Tarascon durèrent trois jours, pendant lesquels les chevaliers se signalèrent par de gracieux faits d'armes. Ferry de Lorraine et Louis de Reauvau , le ditleur de l'Emprise, en remportèrent le prix, un bouquet, un annel et un baiser

Voicy la manière ri la cérémonie, selon lesquelles lesdits prix furent délivrez aux deux vainqueurs par la belle damoiselle très richement parée , qui mena , comme nous avons dit , le roy René par une escharpe attachée à la bride de son cheval , et tous les autres chevaliers tenans.

Les bons juges eurent entente , El respondirent de leur tente; Que avant qu'elle fust absente Ils donneroient leur jugement....

A part et tout secrètement Conclurent en leur parlement Que le roy d'armes publieroit L'anest parleur commandement.

Le roy d'armes parle ainsi à la puce lie, après que les juges eurent consulté à qui les prix appartenoient:

« Haute et puissante damoiselle ,

.. Digne d'honneur, noble pucelle,

u Je scay bien que vous estes celle

v Commise pour leguerdonner (récompenser).

» De ce que demandes nouvelle ,

>i Qui le prix doibl avoir de telle

u Honorée et riche querelle,

« Qu'on doibt de lauriers couronner ,

>> Messeigneurs, sans droit destourner ,

» Ont sur ce voulu ordonner.

v Et vraye sentance donner

» Selon leur droite opinion ,

" Sans tomber en division. »

Alors la noble puce i le parla devant le roy, la reine et tous les princes et princesses , seigneurs, chevaliers, liâmes et clamoiselles , qui csloient assemblez à l'entour, attendant en grand silence ce qu'elle diroit, el à qui elle adjugerait le prix.

« Pour ce que le roy m'a commis u A cet office . et soubmis " Les juges, lesquels ont promis » Sur ce juger en loyauté ; » De par eux je déclare et dis , » Selon leur propos et advis » Donner du destrier le prix » A Florigny , qui a esté

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