TABLEAU DES CHARTREUX A VILLENEUVE-LES-AV1GNON
Les Chartreux de Villeneuve-les-Avignon possédaient un tableau attribué à René, et qui existe encore dans l'hôpital de celte ville , où il fut transféré après la ruine de lu Chartreuse , en 1793.
Sa forme est un carré de cinq pieds et demi de hauteur sur sept de large. Le cadre manque, mais une rainure indique qu'il tenait dans la boiserie de l'autel sur lequel il était placé. Les deux cinquièmes inférieurs représentent l'église militante et souffrante; les trois cinquièmes supérieurs l'église triomphante et la Trinité.
A la droite du spectateur, au cinquième inférieur, on voit environ vingt-cinq petiles figures désignant l'enfer, les démons, etc., tandis qu'à lu même hauteur à gauche, paraissent les dînes du purgatoire , dont quelqnes-unes retirées par les anges , s'envolent au séjour des bienheureux.
La plus grande dimension de ces personnuges est de trois à cinq pouces. Au-dessus des deux côtés du premier ensemble est figurée l'église militante , et duns le lointain on découvre plusieurs villes, ainsi que des prêtres et des laïcs en prière. A l'extrémité gauche, l'enfant prodigue garde ses pourceaux; à peu de distance, on remarque une ligure sous laquelle on lit: Moïse. Au côté opposé, est élevé le tombeau du Christ, avec celte inscription : Sepulchrum Domini. Plus loin est un ange qui semble parler de l'Assomption ; on lit au-dessous : Jssumpta est Maria. Ce second ensemble est dominé par le firmament d'un bleu d'azur, qui parait séparer ce monde de douleur des régions éthérées, où triomphent les justes dans l'éternité. Un Christ offre la voie de transition entre cette partie et la troisième qui prend les trois cinquièmes supérieurs du tableau.
Elle se compose :
1° De sept figures environ, qui indiquent les âmes sortant des lieux où elles erraient auparavant, loin de la présence de Dieu.
2° De près de trente figures à droite et à gauche , de dix pouces de hauteur, représentant des vierges, des confesseurs, des pontifes et des martyrs. Ceux-ci plus rapprochés de Dieu au haut du tableau , sont revêtus d'habits rouges avec la palme à la main.
ï° Plus haut encore, de deux chérubins les ailes étendues.
•i° Enlin, du Christ et du Père éternel, vêtus de grands manteaux rouges avec des draperies en or. Le Saint- Esprit, sous la forme d'une colombe, les unit au centre et place la couronne sur la tête de la Vierge.
Quoique le boisait éclaté en plusieurs endroits, ce curieux tableau est encore bien conservé. On y reconnaît les défauts qu'on retrouve dans les peintures du XVe siècle, mais en même temps, il offre des caractères de tète variés , de l'harmonie dans lestons, une sorte d'imagination poétique et beaucoup d'éclat dans les couleurs. Le père Chartru , aumônier de l'hospice de Villeneuve-les-Avignon et jadis chartreux dans le collent où était ce tableau , assure que la tradition la plus reculée l'attribuait au roi René.
{Histoire de René cl' Anjou).