A PHILIPPE, PRINCE DE NAVARRE
De notre chàleau d'Angers, le VII avril MCCCCLXX1.
Illustre enfant, vous m'êtes cher connue un fils.
J'ai reçu et lu votre lettre qui m'a navré de douleur; car notre intention n'est point que vous soyez dans l'état que vous peignez de si vives couleurs, et dont vous avez raison de vous plaindre. Nous prenons plaisir à vous dire que nous nous occupons aujourd'hui même de votre bien-être, qui nous intéresse autant que le nôtre. Nous nous hâtons d'écrire à l'illustre Jean de Calabre, qui m'est aussi cher qu'un fils, ainsi qu'à notre trésorier, pour qu'ils aient à pourvoir incontinent à tous vos besoins, à tout ce qui vous est dû. L'accomplissement de mes obligations et les vœux de mon coeur ne peuvent s'accorder avec la situation dans laquelle vous
vous trouvez.
René.
1 Cette lettre est écrite en catalan.
2 Philippe écrit à René qu'il est tombé dans une profonde misère , et qu'il ose recourir à sa générosité pour obtenir des secours dont il ne peut plus se passer.
Le jour même que ce bon prince apprend celte fâcheuse nouvelle, qui parait oppresser son cœur, il écrit d'abord à Philippe, ensuite au gouverneur de la Catalogne, et après à son trésorier général.