Allusion à deux vers de Virgile, Gcorg., IV
4. Délie, ohject de plus haulte vertu, recueil de poésies de Maurice Scève, poète lyonnais, publié en 1544 (v. l'édition d'Eug. Parturier, Hachette, 1916). Ce passage montre l'opinion que Ronsard avait en 1554 sur ce recueil, dont les idées platoniciennes et la gravité obscure faisaient un tel contraste avec les Folmlries, le 2" Bocage et les Meslanges. Il avait du reste nommé ce poète avec éloge dans la préface des Odes de 1550 (v. le tome I, p. 46).
D'autaiii qu'il est cuit à juger
Le futur, & j^rand ménager
Du bien qu'il reccUe en reserve, ,t> Afin que tout l'hiver il serve,
Ayant un prudent souvenir
Que l'hiver doit bien tost venir,
Ht qu'on meurt de fain en vieillesse ^o S'oii ne travaille en la jeunesse.
Mon Uieu ! quand un ost ' de Fourmvs
Aus champs de bon matin s'est mis,
Qu'il tait bon voir par la campaigne }4 Marcher ceste troupe compaigne
Au labeur ententivement :
L'un porte un beau grain de fourment,
Et l'autre cache dans sa gorge 48 Un grain de seigle, ou un grain d'orge, [32 r°]
L'autre qui voit son faix trop gros
Ne le porte dessus le dos,
Ains d'une finesse maistriere 52 Le traisne des pieds de derrière
Dessus le devant s'etforçant,
Comme un crocheteur gémissant
Qui se courbe l'eschine large 56 Sous la pesanteur de sa charge :
Puis d'un long ordre s'en revont
Par une sente estroicte, & font
}6. 71V A fin que l'Hyver il luy serve 46. 60-jS L'un aporte un grain de forment (<■/ froment) 51-52. /S Aiiis d'une finesse ouvcriore Le traîne du pied 54. 6ii-jS Ainsi qu'un croclieteur puissant
I. C.-à-d. : une armée. Ailleurs Ronsard emploie le mot savant • excr- :ite • (v. les tomes I, p. }i, vers 159 ; H, p. 184, vers 1).
Tremeiller ' la canipaigne toute 60 De rondoyement de leur route,
Allant porter à la maison
Le vivre de leur garnison,
du'ils ont avec songneuse peine 6^ L'Esté conquis parmi la pleine.
L'un est commis pour recevoir
Les plus chargés, l'autre pour voir
Les paresseus qui rien n'amassent :
6S Leurs republiques se compassent
Comme les cités, par les loys -.
Aprenés d'eus, peuples François,
D'estre ménagers, & d'attendre 72 L'heure qu'on doit le sien despendre,
Et d'amasser d'art studieus
Des biens à quand vous serés vieus :
C'est pour cela que les poètes 76 Asseurent, Fourmys, que vous estes
Les ancestres des Myrmidons ' ,
Qui turent ménagers tresbons [32 v°]
Et de ceus de l'isle d'Egine, 80 Nous montrans par telle origine
Que les Myrmidons ancians
Et les peuples Egineans
60. yS De noires ondes de leur route • 63. 60-yS soigneuse peine