‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 2)Chapitre 90 sur 279 · C.-à-d. : à même la source · texte numérisé non relu

C.-à-d. : à même la source

2. C.-à-d. : lui avait dès le berceau déterminé (fixé comme terme) cette mort. Pour cet emploi du verbe simple, cf. le tome V, p. 257, note.

5. Ici, comme au vers 90, « idole » signifie simplement image (grec etôwÀov).

yS LE BOCAGE

Il admire son bras & sa main mcrvcillablc ',

Et tout ce dont il est lui mcsmcs admirable. 11 se prise, il s'estime, & de luymesmc aimé So Allume en l'eau le feu dont il est consume :

Il ne sçait ce qu'il voit, & de ce qu'il ignore

Le désir trop goulu vivement le dévore.

Et le pareil erreur qui l'incite à se voir «4 Lui nourrist l'espérance, & le fait décevoir.

Quantesfois pour ncant de sa lèvre aprochce

\'oulul toucher son ombre, & ne l'a point touchée.

Quantesfois pour néant de soimesmes épris, 8« En l'eau s'est voulu prendre, «S: ne s'est jamais pris. Levé, crédule enfant, tes yeus, & ne regarde

En vain, comme tu fais, une idole fuyarde : [26 t^]

Ce que tu quicrs n'est point : si tu verses parmi 9i L'onde un pleur seulement, tu perdras ton ami,

Il n'a rien propre à soi, seul tu as aportée

L'image que dans l'eau tu vois représentée.

Et la remporteras avccques toi aussi, 96 Si tu peus sans mourir t'en retourner d'ici.

Ni faim, ni froid, ni chaud, ni de dormir l'envie

Ne peurcnt retirer sa misérable vie

sur sa face {Sy Tout le long de son do/.), il voit sa belle bouche, Il voit ses yeux ardents plus clairs que le Soleil, Ht le lustre rosin de son beau teint vermeil

Page 1