II. 60 par erreur à ses joutes
(voirl'édition des Œuvres du ce poète par Blancliemain, tome I, p. 159). Elle était proclamée aux dames par un héraut au début du tournoi. Celle-ci fut écrite très probablement pour les fêtes du mariage de Charles duc de Lorraine avec la princesse Claude de France, fille cadette de Henri II, qui eut lieu le 22 janvier 1559 (n. st.). Voir ci-dessus le Chaut pastoral pour les iwpces... Quelques mois plus tard, Du Bellay composa une pièce du même genre pour un tournoi « entrepris » par le dauphin François (Œ/rtrcj, éd. Chamard,tome VI, p. 40).
1. Ce début confirme la date présumée dans la note précédente. Ledit mariage eut lieu, en effet, durant l'intervalle de trêve qui sépara les conférences de Cercamp (interrompues à la fin de novembre 1558) de celles qui furent reprises au Cateau-Cambrésis le 6 février 1559. Malgré l'armistice, l'armée française campée sous Amiens se tenait prête à toute alerte et ne fut disloquée qu'après la signature du traité (5 avril).
2. C.-à-d. : les quatre parties du monde. Hyperbole, qu'on retrouve dans la Satyre Mcnippée, harangue de M. d'Aubray : « Où sont les leçons publiques où l'on accouroit de toutes les parts du monde ? »
3. Allusion soit au jour des noces du duc de Lorraine, soit au jour prochain du traité de paix.
I2é ENVOY DES CHEVALIERS
Un si brave désir leurs courages alume,
Qu'ils méprisent les dons que Ion a de coustunie
De donner aux veinqueurs, comme les rameaux vers,
24 Dont les jousteurs d'Olympe avoyent les frons couvers «, Ou vivre dans un marbre, ou se rendre admirable Par une Pyramide aux siècles mémorable, Ou vendre leur vertu pour les presens d'un Roy
28 Atachez au perron ^ au devant du Tournoy :
Ains se sont contantez en montrant leurs prouesses, De faire par espreuve entendre à leurs maistresses Que non tant seulement ' se voudroyent bazarder
}2 (S'il en cstoit besoing) pour leurs honneurs garder, Mais qu'ilz sont suffisans, soit en guerre, ou en lice De forcer les plus forts à leur faire service, [Et de contreindre ceux lesquels ne voudroyent pas
36 A soutenir la loy des joustes de ce pas-* :] Et pour ceste raison un chacun de la bande A choysi sa maistresse, à laquelle il demande Quelque honneste faveur, vous suppliant aussi
40 De prendre de leur part ces petis dons icy 5.
S'ilz obtiennent de vous une faveur si belle. Ils ont gagé leur foy par promesse fidelle Que ceux qui gangneront la victoire, pourront
3$-}6. En /9 ce disliqiteest omis. Je l'ai rétabli d'après 60,
1. C.-à d. : les athlètes des jeux olympiques. Chez Ronsard, Olympe = 01ynipie, et olympiens = olympiques ; ci. tome VU, p. 2}i.
2. Pour ce mot, cf. Cl. Marot, Epigr. CCLXII à CCLXV et le Trésor de la langue fr. de Nicot (1606), p. 476.
3. C.-à-d. : non seulement ; correspond au latin non tantum modo.
4. C.-à-d. : de ce pas d'armes, synonyme de tournoi. On disait couramment : ouvrir le pas, pour : commencer le tournoi. Cf. Du Bellay, Œuvres, éd. et loc. cit., p. 44, vers iio.
5. Ces <■ petits dons » étaient sans doute des « devises », comme celles dont parle Du Bellay, Œuires,éd.et loc. cit., p. 50.