PRIVILEGE
Par lettres patentes du Roy il est permis à André Wechel, imprimeur & libraire juré en l'Université de Paris, d'imprimer & vendre ce livre intitulé, La Paix, au Roy, par P. de Ronsard Vandomois, avec inhibitions & défences à tous autres imprimeurs & marchans, de non imprimer ny vendre en ce Royaulme le dict livre de dix ans après la première impression parachevée, sur peine de confiscation, de mille livres parisis d'amende. Ensemble a ledict seigneur voulu, qu'en insérant le contenu de ses lettres patentes, ou l'extraict d'icelles, à la fin ou au commencement dudict livre, elles soyent tenues pour suffisamment signifiées, & venues à la notice & cognoissance de tous libraires & imprimeurs, tout ainsy, que si lesdictes lettres leur avoyent particulièrement & expressément esté monstrées & signifiées : comme appert plus amplement par lesdictes lettres patentes, données à Reins l'unziesme de Juing 1557.
Par le Roy, le seigneur de Villemor, maistre des requestes ordinaire de l'hostel, présent.
COIGKET.
CHANT DE LIESSE
PAR P. DE RONSARD
VANDOMOIS,
A PARIS
Chez André Wcchel, demeurant à l'enfêigne du cheual volanc^rue S. lean de Beauuais.
Auec priuilege du Roy.
Fac-similé du titre de la première édition.
Ronsard, IX.
CHANT DE LIESSE
AU Roy \
Je ne seroys digne d'avoir esté
Nourry petit deboubz ta magesté ^,
Si au meillieu de tant de voix qui sonnent,
Tant d'instrumens qui doucement resonnent,
Tant de combas, de joustes, de tournoys,
De tabourins, de fifres, de hauboys,
Qui sont tous plains de joyeuse allégresse.
Je ne sentois la publique liesse :
Je ne serois ton fidelle sujet,
Si en voyant un si plaisant object,
Je ne monstrois d'escrit & de visage
De ma liesse un publiq' tesmoignage.
Pour louer Dieu si favorable, & toy
Éditions : Chant de liesse..., plaquette de 1559. — Œuvres (Poëmes, 3' livre) 1560 à 1575; (id., 2' livre) 1578. — Supprimé en 1584. — Réimprimé dans le Recueil des Pièces retranchées en 1609-1630.