tj.-a-d. : ce qui suffit
3. L'échec de Charles-Quint devant Metz ayant gravement atteint son prestige, il essaya de le faire oublier en assaillant la Picardie au début le 1555 et en ordonnant, comme son aïeul Charles le Téméraire des atrocités inutiles, telles que la destruction de Thérouanne, qu'il détruisit de fond en comble. ^
4. Fortune, Bon-heur, plus loin Victoire et Paix, abstractions personnifiées, héritage du moyen âge, très fréquent chez Ronsard, qui en avait bien compris la valeur poétique.
l6^ DISCOURS A MONSEIGNEUR
En^son pays, je l'av trop offensé,
Il fault qu'il soit par moy recompensé
D'un double honneur, l'un de vaincre à la guerre,
iSi L'autre, d'avoir par amitié sa terre.
C'est un guerrier lequel n'ha son pareil Ni en vertu, en combat, ni conseil, Auquel ma main si longtemps despitée
156 A dérobé sa gloire méritée :
Mais maintenant je le veux élever.
Pource, Bon-heur, déloge pour trouver En quelque part la Victoire, & la meine
160 Où ce grand Duc est campé dans la plaine.
\'ous deux ensemble allez dedans son ost, Et le poussant dites luy, que bien tost Dresse ses pas vers la forte muraille
164 De Saint-Quentin pour gaigner la bataille '.
Faites qu'en ordre il guide les Germains, Son plus grand heur doit venir de leurs mains : Et que sans creinte il combatte l'armée
168 Que j'ay pour luy à la fuite animée.
De là son heur, de là son bien dépend, Par ce moyen il se doit faire grand,
15$. 6J-S4 A qui ma main
I. l:mm.»iuiel-Piulibert avait été mis par Philippe II à l.i tête d'une arnue Je ^0.000 honmes, qui devait envahir la France par le Nord. Pour l'arrêter, le gouverneur de Picardie, l'amiral Gaspard de Coligny, vint se jeter avec quelques centaines de soldats dans la place de Saint- Quentin, en attendant que Montmorency put accourir avec l'ariiiée rovale. Mais, quand cette armée essaya d"entrer dans Saint-Quentin en traversant la Somme, les maladresses du connétable la conduisirent à une catastrophe; elle fut en partie massacrée, en partie prisonnière (10 août 1557). — C'est donc autant l'impéritie du général français que le génie militaire du prince savoisien qui causa notre désastre, désastre qui eut pu être fatal .i notre capitale, si les Espagnols, au lieu de s'attarder au siège de Saint-Quentin, avaient pu exploiter à fond leur succès.
Doit acquérir une gloire éternelle,
172 Et recouvrer sa terre paternelle.
A peine eut dict, que Bon-heur s'éleva, Et vistement la \'ictoire trouva.
Victoire avoit de grans aelles dorées,
176 Bien peu s'en fault des Princes adorées :
Son œil estoit douteux & mal certain.
Son front sans poil, inconstante sa main : Elle, & ce Dieu, dedans le camp entrèrent
180 Où ce grand Prince en armes rencontrèrent.
Va (dict ce Dieu) la \'ictoire est pourtoy. Va vistement, comba le camp du Roy :
Tu tourneras tes ennemis en fuite ',
184 Ayant \'ictoire & moy pour ta conduite :
Car autrement sans l'aide de nous deux, Le faict seroit de ta part hazardeux.
Atant 2 se teut le Bon-heur, qui à l'heure
188 Entra cheztoy pour y faire demeure.
De tels propos lors toy epoinçonné.
Ayant ton camp bravement ordonné, Aussi soudain qu'un torrent des montagnes
192 A gros bouillons tombe sur les campagnes,
Perdant l'espoir du povre laboureur :
Aussi soudain tout rempli de fureur, D'ire, d'ardeur, de cueur & de prouesse,
196 Tu renversas la Françoise jeunesse