VI INTRODUCTION
D'abord, entraîné par la composition des Hymnes « en vers héroïques », qui étahent comme de petites épopées, surtout ceux du second livre, il voulut vraisemblablement consacrer ses loisirs à l'élaboration de sa FranciaJe, qui restait encore à l'état d'ébauche, faute d'un encouragement suffisant venu du roi ou de son entourage. Le poète, nous l'avons vu, se plaignait fortement en 1556, de ce que les promesses royales ne fussent pas suivies d'exécution, et menaçait d'abandonner son projet, s'il ne recevait pas, sous la forme d'une riche prébende, la récompense anticipée de ce « long poème » '. Mais il ne laissait pas d'y travailler, ne fût-ce que pour donner patience aux amis qui le harcelaient ; nous en avons la preuve, non seulement dans les allusions que contiennent ses recueils antérieurs, mais aussi dans un fragment eu alexandrins, qu'il communiqua dés lors à Henri Estienne et que celui-ci inséra dans sa Pre^elUnce du langage françoii vingt ans plus tard, après la parution de la Fraruiiuie en décasyllabes'.
Ensuite, les circonstances n'étaient pas alors favorables â Ro;isard pour la publication de nouvelles œuvres. La mort de son frère aîné Claude, arrivée en septembre ISS^, lui avait valu, ainsi qu'à son autre frère Charles, la charge de tuteur de ses neveux et nièces mineurs, et cette charge n'était pas des plus faciles, vu que la succession se trouvait grevée d'hypothèques et de dettes, sans parler des aliénations de biens of>érées les années précédentes». Outre ces affaires de famille, il est à présumer que les événements militaires le retinrent dans sa province, ainsi que bon nombre de Parisiens, surtout après la défaite de nos armes à Saint-Quentin, qui faisait fortement craindre l'investissement de la capitale (août 1557).
Enfin, nous savons par une élégie adressée à « son Mécène », le cardinal Odet de Coligny, vers l'automne de 1557, qu'il