C.-à-d. : en toute sécurité
2. Cette phrase ne peut être analysée grammaticalement. Elle est inspirée d'ailleurs par un passage de Tibulle, I, 5, 55 et suiv. : Quam bene Saturno... Je conjecture au vers 148 : Dans l'aise. . .
5. C.-à-d. la tromperie. Souvenir d'Hésiode, Travaux et Jours (cf. l'Hymne de la Justice, au tome VIII, p. 52 et 57). Mais pourquoi Ronsard peut-il souhaiter d'avoir vécu en ce temps vicieux ? C'est en contradiction avec ce qui précède. Il a sans doute voulu dire qu'il regrettait de n'avoir pas vécu à l'âge d'or, ou à l'âge d'argent, au lieu de vivre à l'âge de fer.
4. C.-à-d. : de leur fardeau. On dit encore une béte de somme.
L'équité ne fleurist, la justice n'a lieu,
Les maisons de leurs biens demeurent dépouillées,
i68 Les vieillards sont occis, les filles violées. Le pauvre laboureur du sien est devestu ', Et d'un vice exécrable on fait une vertu.
N'aymeriez vous pas mieux, ô soldas magnanimes,
172 Pour ne commettre point l'horreur de tant de crimes, Bien vivre en vos maisons sans armes, & avoir Femme tresbelle & chaste entre vos bras, & voir Vos enfans se jouer au tour de la tétine,
176 \'ous pendiller au col d'une main infantine, Vous frisoter la barbe, ou tordre les cheveux, Vous appeller papa, vous faire mille jeux. Que de vivre en un camp, que coucher sur la dure,
i8o L'esté, à la chaleur, l'hyver, à la froidure, Et près de ses parents mourir bien ancien ^, Que d'avoir pour sepulchre un estomac d'un chien ? Pource, nobles soldas, & vous nobles gendarmes,
184 Et de bouche & de cueur, détestez moy les armes ', Au croq vos morryons pour jamais soyent liez. Autour desquelz l'araigne en fillant de ses piedz Y ourdisse ses retz, & que dedans vos targes
188 Les ouvrières du miel y déposent leurs charges : Reforgez pour jamais le bout de vostre estoc, Le bout de vostre pique en la pointe d'un soc. Vos lances désormais en vouges soyent trempées,