que Vertomnes nouveaux
1. Il se peut qu'ici Ronsard ait pensé aux empoisonneuses de son temps, comme le dit Marcassus. Mais Blanchemain a eu tort d'ajouter dans son édition (IV, 24), qu'il y a là une allusion à la mort suspecte delà reine de Navarre, car Jeanne d'Albrct mourut en 1572, plusieurs années après la composition de cette Bergerie.
2. C.-à-d. audacieuses jusqu'à l'impudence. Cacus, brigand vaincu par Hercule (Virgile, En., VIII) représente ici les voleurs.
3. Busiris, tyran d'Egypte ; Geryon. tyran d'Ibérie, tous deux vaincus par Hercule.
Qui se changent en Tygre, en Serpens, en oyseaux, Et coulent de la main tout ainsi qu'une Anguille
556 Et aux moissons d'autruy ont toujours la faucille '. Il me souvient un jour qu'aux rochers de Beart - J'allay voir une Fée, ingénieuse en l'art Dappeller les esprits hors des tombes poudreuses,
560 D'arrester le Soleil & les rivières creuses,
Et d'enchanter la Lune au millieu de son cours,
Et changer les pasteurs en Tygres & en Ours 3 :
Elle, prévoyant bien par magique figure [26 v°]
564 Que la bonté faudroit en la saison future. Me conduit dans un Antre, où elle me montra Un tableau qu'à main dextre attaché rencontra : Et le lisant m'aprist des enfance à cognoistre
s68 Le grand Pan des Bergers de toutes choses maistre : Me montra mille maux en cette table escris. Dont les hommes seroient en peu de temps surpris : La Guerre, le Discord, meinte Secte diverse,
572 Et le monde esbranlé tomber à la renverse ^.
558. (Î4-1S7 J'allay voir une vieille 560. 84-Sy & les sources ondeuses 563. 8y Or elle prévoyant
1. Ce vers ne convient qu'aux Cacus, Busiriset Geryons, et les deux précédents ne conviennent qu'aux Protées, êtres multiformes, comme le Prêtée antique. Pour la variante Vertomnes, cf. Properce, V (alias IV), él. 2, Vertumnus.
2. Graphie phonétique pour Béarn. Les habitants de ce pays prononcent encore ainsi.
5. Cette « fée » ressemble plus à la magicienne antique (Apollonios, Argon., III, 532 sq. ; Ovide, Met., VII, i88 sqq. ; Tibulle, I, 2) qu'à nos sorcières médiévales, embellies par l'imagination populaire et celle des romanciers. Au reste, ici encore, d'après Torraca, op. cit., pp. 17 et 70, R. aurait suivi Sannazar. C'est douteux, les consultations de ce genre étant courantes au xvi" siècle.
4. La Reine mère devait goûter sinoulièrement ces vers, se livrant elle-même à de pareilles pratiques avec ses astrologues et ses magiciens. Cf. Eug. Defrance, Catherine de Med. (Paris, Mercure de Fr., 191 1), surtout le chap. IV sur « le miroir magique ».
Mais prens cœur (ce disoit), car tant que les grans Rois De la Gaule aimeront les Pasteurs Navarrois, [tagnes, Toujours leurs gras troupeaux paistront sur les mon-
576 Le froment jaunira par leurs blondes campagnes, Et n'auront jamais peur que leurs proches voisins Emportent leurs moissons, ou coupent leurs raisins. Pource, jeune berger, il te faut des enfance
580 Aller trouver Carlin le grand Pasteur de France. Ta force vient de luy. Lors, suivant mon destin En France je vins voir le grand pasteur Carlin, Carlin que j'ayme autant qu'une vermeille rose
584 Aymé la blanche main de celle qui l'arrose,
Que les prez les ruisseaux, les ruisseaux la verdeur : Car d'autre que de luy ne dépend ma grandeur.
Gdisin.
Houlette qui soulois par les champs Idumées 588 Comme de grands troupeaux conduire des armées. Qui as régi Secille & les monts Calabrois, Et la ville, tombeau de ceste belle voix ■ : [27]
Meintenant je te tiens de père en filz laissée, 592 Qui dure n'as esté par les guerres cassée. Et qui doibs gouverner encore desouz moy