éj-Sj Ou parle à moy par fraude & {et ou) par courroux
I. Un Chrysophile, c'est un ami de l'or. Ronsard entend par là quelque trésorier récalcitrant, serrant à l'excès les cordons de la bourse royale. De son côté Am. Jamyn appellera Cleptargyre (vole-argcni) un trésorier de Henri III (Second voluuie, 1584, f" 114 v").
lôO ELEGIES
60 Et par escrit je vous honore & prie
Comme mon tout, & ne suis abusé Car oncq' de vous je ne fus refusé :
Tant vous avez l'ame gentille & pure
64 Qui les vertus aime de sa nature,
Et qui ne souffre, en despit du malheur, Qu'un vertueux soit privé de faveur'.
C'est la raison, pourquoy je ne confesse
68 Que des vertus la belle troupe espesse,
Pleurant de deuil, s'en soit allée aux cieux, Abandonnant ce monde vitieux :
Car vous voyant en cette terre suivre
72 Toutes vertus, on les peut dire vivre
Toutes en vous, & en vous elles sont Apparoissant toutes sur vostre front ^ : Si que celuy qui de près y prend garde
76 Vous regardant en vous il les regarde.
En ce lieu cyJ la plus part sont menteurs, [56 v°] Trompeurs, causeurs, medisans, affronteurs4 :
60. /S-Sj Ht par escrit, Déesse, je vous prie 62. yS-Sy Aussi de vous je ne suis refusé 66. èj-Sj Q.u'un vertueux soitveincu de douleur 69. yS Pleurant noz maux | S4-Sy Soit retournée (ainsi qu'on dit) aux cieux
71. 84-8^ Car .vous voyant, De Beaune, en terre suivre 77. 6j-Sj En cette court la plus-part sont menteurs
1. Cette D"° deChateaubrun devait avoir un grand prestige à la Cour pour réussir ainsi auprès des Grands en faveur de Ronsard. Le poète ne devait pas parler autrement à son ancienne protectrice, Marguerite de France, sœur de Henri 11 .
2. A rapprocher de compliments analogues adressés par R. à d'autres personnes, dont il estimait hautement la noblesse morale : Fr. Charbonnier (t. VI, p. 201), J. Bourdin et R. de la Haye (t. X, pp. 76 et 322).