‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 217 sur 263 · EN LA MESME COMEDIE · texte numérisé non relu

EN LA MESME COMEDIE

Pour mon trophée en ce Char trionfant Pris & captif je meine cet enfant 4, Qui des mortels a surmonté la gloire : Je vous diray comme je l'ai veincu Par la vertu d'un merveilleux escu.

Editions : Elégies, Masc. et Bergerie, 1565. — Œuvres (Mascarades) 1567 à 1587 et éd. suiv.

1. Expression familière à Ronsard. Cf. t. V, p. 151 : L'homme est vraiment ou de plomb ou de bois; et XI, p. 55 : Madame, je serois ou du plomb ou du bois. Il la devait à Pétrarque, canz. Verdi panni, st. 4, fin.

2. A rapprocher d'une élégie à Brinon : Des faits d'Amour Diotime certaiue (t. VI, p. 149).

j. Cf. Cl. Marot, épitre à Papillon (éd. Jannet, I, 288), surtout ces deux vers :

Grand et petit, jeune et vieil tout ensemble Foible et puissant, à qui nul ne ressemble. 4. C.-à-d. : l'Amour, qui devait figurer sous les traits d'un enfant enchaîné.

6 Qui de ce Dieu m'a donné la Victoire.

Amour voyant que seule entre les Dieux J'avois un trait du sien victorieux, Et que du tout je n'estois sa sujette, - Pour me dompter prist l'arc en une main, Le feu en l'autre, & m'assaillant en vain [72]

12 Perdit d'un coup sa ilame & sa sajette.

Pour résister à ce Dieu animé.

D'un fort bouclier l'estomaq' je m'arme. Fait de constance & de persévérance, Où l'amoureux au travers se miroit.

Et tellement jusque en l'ame esclairoit,

18 Qu'il cognoissoit d'un regard son offence.

Or en voulant contre moy décocher, Trouva l'escu aussi dur qu'un rocher.

Tout à l'entour environné de glace Qui de son arc la puissance amortit, Et son ardeur en froideur convertit,

24 Et tous ses traits brisa desur la place.

Lors le voyant sans armes & tout nud Pour prisonnier je l'ay depuis tenu, En le menant devant mon Char en pompe. Et par despit j'ai cassé son carquois, Esteint son feu, romnu son arc turquois ',

30 Afin que plus les hommes il ne trompe^.

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