SONET DES LARMES
de ma Maîtresse ^
Quand en pleurant ma Maîtresse s'ennuye, Voyant s'amye avoir mille douleurs.
L'enfant Amour se baigne dans ses pleurs, Et dans ses yeux ses larmes il essuyé.
Editions : Elégies, Mme. et Bergerie, 1565. — Supprimé dès 1567. — Reproduit pour la première fois dans la K. H. L. de 1902 (t. IX, p. 444) et réuni aux Œuvres dans mon édition in-8 Lemerre, t. VI, p. 360.
1. Comprendre : en interprétant l'Ecriture sainie (cf. t. XI, p. i^j, vers 522) ; à moins de voir là une allusion à l'iiabileté de mauvais aloi dont parle l'Hvangile à propos d'un intendant infidèle (Luc, 16, i à 8).
2. C.-à-d. un sujet de comédie. Tout ce sonnet est à rapprocher de l'épilogue de la comédie jouée au carnaval de Fontainebleau (ci-dessus, P- 212).
}. Je pense qu'il s'agit encore là d'Isabeau de Limeuil, cousine et demoiselle d'honneur de Catherine de Medicis, et que ce sonnet a été écrit pour le prince de Coudé. Il fait partie de la même série que la chanson Qiiimd ce beau /yriitteinps je voy, (t. XII), les deux sonnets ciaprès Douce beauté à qui je doy la vie et Douce beauté qui me lene^ le co-ur «t quelques-unes des Elégies de 1564 (t, XII).
C'est du Cristal, ce n'est pas une pluye Qui tombe helas ! au sein pour qui je meurs, Helas je meurs en si plaisans malheurs, 8 Mais telle mort m'est une douce vie :
O belle larme, ô Cristal argentin [82]
Qui rond & clair arroses le tetin Il Où loge Amour, de mes pensers veinqueur.
Que ne te pui-je à mon aize humer ?
De ta froideur je pourrois consommer 14 Le feu qui m'ard si vivement le cœur'.