I. jS-8j Chère mâistresse à qui je doy la vie
1. Poète et musicien grec de Milet. qui ajouta plusieurs cordes à la lyre (447 a 357 av. J.-C).
2. Isabeau de la Tour de Limeuil, souvent nommée dans les notes précédentes; voir surtout t. XII, p. 25.
3. A première vue, on pourrait prendre ce vers à la lettre et croire avec Blanchemain (éd. des Œuvres, t. VIII, p. 25, note) qu'Isabeau serait intervenue pour apaiser la colère ressentie par le prince de Condé contre Ronsard, qui l'avait malmené dans sa Remoiislrance, et qu'elle aurait ainsi sauvé la vie au poète ; les huguenots avaient, en effet, répandu le bruit que ledit prince ne manquerait pas de s'en venger (cf. t. XI, p. 113). Mais je pense, au contraire, que ce sonnet a été écrit pour le compte du prince, et que, par conséquent, on doit donner au mot l'/c un tout autre sens, qui est confirmé par le contexte et précisé par le vers 4 du sonnet suivant.
4 Toute vertu que depuis j'ay suivie :
Mon cœur, ardant d'une amoureuse envie, Si vivement de tes grâces s'éprit [82 v°]
Que d'un regard de tes yeux il comprit
5 Que peut honneur, amour & courtoisie.
L'homme est du plomb ' ou bien il n'a point d'yeux , Si te voyant il ne voit tous les cieux II En ta beauté qui n'a point de seconde.
Ta bonne grâce un rocher retiendroit, Et quand sans jour le monde deviendroit 14 Ton œil si beau seroit le jour du monde*.