‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 4)Chapitre 54 sur 263 · T2. Sy supprime ces huit vers · texte numérisé non relu

T2. Sy supprime ces huit vers

1. Cette pièce a été composée vraisemblablement à la demande de Catherine de Med., tout de suite après la signature du traité de Troyes (avril 1564). Cela ressort, semble-t-il, de l'épîtrc-dédicace.

2. Pétrarque avait dit en parlant des charmes de Laure : Che fanno altrui tremar di maraviglia (son. Xon pur quell'uua, vers 12). Déjà vu, 1.IV, p. II.

3. Cf. la Complainleà la Royite, n. du vers 134 (au t. XII, p. 179)-

Car quand j'oy dire à ceux qui vous cognoîssent', Que les beautez diverses apparoissent Sur vous, Madame, & y luisent ainsi Que luist un Ciel d'estoilles esclaircy Aux nuitz d'hyver, quand les belles planettes Qui de la mer sortent cleres et nettes, Montrent leur face, & du clair de leurs yeux Dorent la nuit, & font honneur aux cieux^.

Puis quand on dit qu'avez mis en reserve [i v°] Tous les beaux Ars de la greque Minevre, Et qu'avez fait de vostre bon cerveau Naisire en sçavoir un Mercure nouveau.

Qui vous conduit la main à bien escrire. Miracle estrange, & la langue à bien dire, A bien parler, & à bien discourir Pour le secret des sciences ouvrir, Que vous sçavez conter en tous langages Ayant choisi les livres les plus sages : Et c'est pourquoy outre l'humain debvoir Les plus sçavans vous passez en sçavoir. Pour demourer la merveille des Dames En qui le Ciel a mis de belles âmes.

Puis quand on dit que vous avez pillé L'or et la soye 3, & qu'avez habillé De leur splendeur vos longues tresses blondes,

i6. yS Que luist le Ciel 54. y8 Ea qui le Ciel logea

1. Par ex. à notre ambassadeur à Londres, Paul de Fois, et à son secrétaire Charles Huytenhove.

2. Allusion à la profusion de pierres précieuses et bijoux dont Elisabeth se parait les épaules et la poitrine'.

5. Bien que le mot « pillé » n'ait pas ici de sens péjoratif, étant synonyme de amasse, il s'applique fort bien à cette reine comme nous l'entendons aujourd'hui.

Qui sur la joue en s'alongeant comme ondes Vont quelquesfois, & quelquesfois aussi

40 Ont leur beau cours d'un scophion racourc\" ■,

Dont le gaillard & délicat ouvrage Pourroit gaigner, non l'amoureux courage D'un qui seroit de nature courtois,

^4 Mais l'estomaq d'un Barbare Scythois,

S'il contemploit ^ la douce mignotize De vostre chef, alors qu'il s'adonise D'un beau bonnet', ou le voyant encor'

48 Couvert d'un ret fait de perles & d'or :

Et au dessous la ronde & nette oreille [2]

Servant de lustre à la joue vermeille, Et au beau col délicat & mollet,

52 Dont la blancheur est plus blanche que laict,

Que sur du jong une pucelle appreste Estant oysive au long jour d'une feste, Et entremet mille fraizes parmy

56 Pour le donner à son nouvel amy»,

Qui seul, absent, s'escoule de misère, N'osant la voir pour crainte de la mère.

Puis quand on dit que vous portez au front

60 Cent majestez royalles, qui vous font

Presque adorer, & que portez ensemble Une douceur qui voz subjets assemble

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