yi-Sj les Liz
1. Remarquable symbole du prompt relèvement de la France après les guerres. R. le reprendra lors de l'entrée de Charles IX à Paris
Maigre la guerre, nostre Gaule
Ricne de son dommage croist :
Plus on la coupe, comme un saule,
Et plus fertile elle apparoist.
C'est une réminiscence d'Horace, comparant le peuple romain, fortifié par ses malheurs, au chêne, qui grandit et se ravive sous le fer même qui le mutile (Cann., lY, 4, 57 à 60).
2. Au féminin, parsyllepse d'idées, le poète pensant aux deux « provinces » dont il vient de parler : la France et l'Angleterre.
5. C.-à-d. : les Français prospérer parmi les Anglais, ou simplement fraterniser avec eux. L'écusson des rois anglais, qu'on voit à l'abbaye de Westminster, se composait d'un « écartelé » présentant .1 la fois les armoiries de France (fleurs de lys) et celles d'Angleterre (léopards) : symbole, non pas de fraternité, mais de domination de, la France par l'Angleterre,
Tu ne seras, Isle, bien-accomplie, [9]
Claire d'honneur & de vertu remplie,
Sinon au jour qu'une Royne naistra, 444 Qui comme un Astre icy apparoistra :
Elle aura nom Elizabet, si belle
Qu'autre beauté ne sera rien près d'elle '. Elle rendra son païs honoré 448 Par la vertu du beau siècle doré,
Qui florira souz sa riche couronne.
Ayant bany la Discorde & Bellonne,
Apres avoir les harnois despouillés 452 Pendus au croc, tous moisis & rouilles,
En qui l'Abeille en un gaufré espace
Fera son miel, l'Eraigne sa fillace 2.
Cette Princesse au cœur Royal &: haut, 456 Pleine d'un sang tout magnanime & chaut,
Jeune de face & vieille de prudence,
Par orrandé ardeur fera la guerre en France,
Et couvrira les eschines des eaux 460 De mast, de fust, de voilles, de vaisseaux,
Qui de leur creux, sur l'areine semée
Feront espandre une moisson armée
D'hommes chargés de harnois fremissaus,