I. Son menton frisé et sa chevelure blonde
L'offi'oit luy mesme afin d'estre mangée,
Puis hors des dents des lions la sauvoit, [^37]
880 Et son secours luy nuisoit et servoit :
Tout en sursaut elle s'est resveillée, [
Nuds pieds, sans robe, afreuse, eschevelée',
Et s'acoudant dessus le coin d'un banc 884 Mille souspirs repoussa de son flanc :
Pauvreté moy ! en quel effroy m'ont mise^
Ces songes las ! qui toute nuit m'ont prise,
J'en tremble toute et le cueur m'en débat, 888 Crainte et Amour me font un grand combat.
Certes je suis toute autre devenue
Que je n'estois : je crain que la venue
De ce Troyen ne m'aporte malheur 892 Comme en songeant il m'aporte douleur ;
Toujours j'y pense ! heureuse et plus qu'heureuse
Si forcenant je n'estois amoureuse,
Et si jamais pour éviter la mort, 896 Le fils d'Hector n'eust touché nostre bord.
Comme au Printemps on voit une jcnisse.
Qui n'a le col courbé soubs le service