‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 335 sur 425 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Et s'il avient ingrat que tu m'oublies, Ce jour puissé-je un oyseau devenir [^^3]

600 Pour de mon nom te faire souvenir

Volant sur toy : et peut estre qu'à l'heure Aurois pitié de moy pauvre qui pleure Pour ton départ, qu'arrester je ne puis :

604 Car ton destin est plus que je ne suis.

Ainsi disant, pressez s'entr'acolerent, Puis au logis par deux chemins allèrent : Elle en son char monte sans y monter,

608 Son foible esprit se laissoit emporter

Apres Francus, et toute froide et blesme En son logis retourna sans soymesme.

Au jour promis Francus ne faillit pas :

612 II a choisy du troupeau le plus gras

Et le plus grand, trois jenisses vestues De noire peau, aux cornes bien tortues, Au large front, à l'œil grand et ardent,

616 Et dont la queue avoit le bout pendant

Jusqu'à la terre, et sans coups les ameine : Puis trois brebis grosses de noire laine, A langue blanche, à qui l'œil tressailloit

Par la candeur acheté un beau renom. Et fils de Roy ne séduis en eautelle Le cœur royal d'une amante pucelle. J'auray tousjours maugré toute rigueur, Maugré la Mort, ton portraict en mon cœur

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