C.-à-d. sera suspendue. Faudra = cessera
Soubs luy faudra de Clovis la lignée, Si qu'en perdant le sang tresancien Des rois François, fera naistre le sien, Donnant lumière à sa race nouvelle Par les hauts faits de sa dextre immortelle. N'espère rien au monde de certain : [229]
» Ainsi que vent tout coule de la main : » Enfant d'Hector, tout se change et rechange : » Le temps nous fait, le temps mesme nous mange : » Princes et rois et leurs races s'en vont, » De leurs trespas les autres se refont. » Chose ne vit d'éternelle durée.
» La vertu seule au monde est assurée !
1886. On lit Clovis de la lignée (éd. suiv. corrigent) 1888. y^-Sy Des premiers Rois 1891. 7i-8y Guillemets
Fin dv q^tatrieme livre
DE LA FrANCIADE.
En i^yS-Sy, on lit au verso :
Quatrain {84-8'] L'autheur parle)
Si le Roy Charles eust vescu, J'eusse achevé ce long ouvrage :
Si tost que la mort l'eut veincu, Sa mort me veinquist le courage.
En ijSj, ces vers sont suivis des v. 28 y-y de VÉpître aux Pisous, à peint modifiés :
Nil intentatum nostri liquere Poeta;,
Nec minimum meruere decus, vestigia trita
Ausi deserere, et celebrare domestica facta.
ciade, touchant le Poème Héroïque \
Au Lecteur apprentif.
Carmen reprehenàite qiiod non Multa dies & niulta lilura coërcuit, atqiie ' Prœsectiim decies non castigavil ad unguem ^.
Il ne faut t'esmerveiller, Lecteur, dequoy je n'ay composé ma Franciade en vers Alexandrins, qu'autrefois en ma jeunesse, par ignorance, je pensois tenir en nostre langue le rang des Carmes héroïques, encores qu'ils respondent plus aux senaires des Tragiques qu'aux magnanimes vers d'Homère & de Virgile, les estimant pour lors plus convenables aux magnifiques argumens & aux plus excellentes conceptions de l'esprit, que les autres vers communs. Depuis j'ay veu, cogneu, & pratiqué par longue expérience, que je m'estois abusé : car ils sentent trop la prose trèsfacile, & sont trop énervez & flaques ', si ce n'est pour les traductions, ausquellesàcause de leur longueur ils servent de beaucoup pour interpréter le sens de l'Aucteur qu'on entreprend de traduire. Au reste, ils ont trop de caquet, s'ils ne sont bastis de
1. Préface publiée dans l'éd. de 1587. Voici ce qu'en dit Binet dans sa Fie de Ronsard, éd. Laumonier, p. 50 : « Il nous a laissé un discours en prose sur le Poëme héroïque, assez mal en ordre (add. de l'éd. de ^ S97 '• pour l'avoir dicté à quelque ignorant qui escrivoit soubz luy, qu'il m'envoya), et que j'ay remis à peu près selon son intention. »