‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaire (volume 5)Chapitre 417 sur 425 · Fallace = tromperie · texte numérisé non relu

Fallace = tromperie

Et le Destin d'invincible puissance ', 80 Destin de fer, que Francus aille en France,

Je ne scaurois son voyage engarder-.

Mais je le puis fâcher et retarder.

Et lu}' donner mille et mille traverses

Dessus la terre, et par les ondes perses. 8.5 Que mieux vaudroit près sa mère mourir

Q.u'aller si loin des sceptres acquérir

Qu'il ne tient pas : encor un autre Achille

Dedans la Gaulle aux armes si fertilie

Est né pour luy, qui nous scaura venger 90 De l'appareil d'un si foible estranger,

Fiz d'un vaincu, d'une ville razee,

Prise une fois, l'autre fois embrazée,

Qui va troublant des Gaulles le bon-heur

Tout allumé d'ambitieux honneur, 95 Et tout eflé [sic] d'un aveugle entreprendre 5

Et des fureurs d'une folle Cassandre.

Or sus qu'il aille, il s'en repentira,

Cent et cent fois le Ciel retentira

De ses soupirs, abusé pour te croire 100 Du froid espoir d'une si vaine gloire.

Tels mots Junon à Juppiter rendit,

Et ce grand Dieu luy contre-respondit.

Vaincu, Junou, de tes longues requestes,

J'ay consenti à choses deshonnestes, 105 Ayant souffert (helas) contre mon cœur

Que le feu grec d'Ilion fut vainqueur :

Je m'en repens, la faute est ja commise,

Qui vient de moy, puis que je l'ay permise ;

Mais pour Hector en la poudre trainé 4, iio Francus doit estre au triumphe mené

Parmi la Gaulle, et pour te crever d'ire,

Ferme à jamais je maintiendray l'Empire

1. La Junon de Virgile reconnaît avec dépit la puissance des destins {En., 1, 59).

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