‹ Œuvres complètes. É. critique, avec introd. et commentaireChapitre 109 sur 244 · LIVRE V, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, ODE III

Cest orgueil par toy rejette :

Et seule apart maints vers escrire, 95 Qui puissent redire & redire '

Que quelquesfois tu as esté.

O des Princesses la lumière, De quelle louenge première Commenceray-je à te vanter, 100 - Et de mille dont tu abondes, [p. 132]

Quelles dernières, ou secondes Cloront la fin de mon chanter ^ ?

Quoy ? diray-je comme tu portes De ta feu Mère en toutes sortes 105 Les deux merveilleuses beaultez ?

Et de François ton Père encores, Et de ton Frère qui vit ores, Les deux esgales Royautez ?

Diray-je que tes yeulx enchantent iio Les plus constants qui se présentent

94-95. s^-Sy Et loin du populaire, écrire Je ne sai quoi qui puisse dire 103-105. j^ Et quoi princesse, & quoi dirai-je Comme tu portes au visaige Les grâces de mile beautés | 60 Dirai-je comme en ton visage Tu portes, & grave[s] l'image De ta mère, & de ses beautez (on lit en outre ce vers superflu Les grâces de mille beautés) | 6J-84 Diray-je comme en ton visage Tu portes engravé (sic) l'image De ta mère en mille beau tez I 87 supprime cette strophe. \ Bl a mélangé deux leçons.

1. Dans la variante, « Je ne sai quoi » n'est pas une formule de modestie ; cela équivaut pour le sens au latin Nescio quid (= aliquid). Fréquent chez Ronsard, qui parle ainsi « latin en français », suivant l'heureuse expression de Boileau. Cf. dans la présente édition, au tome I, p. 204, le vers 18 et la note.

2. Imité non pas, comme le dit Richelet, de MaruUe, Hymne à l'Ether, 21-24, niais de Théocrite, Idylle XVII, vers 11-12. Dans la strophe suivante Ronsard s'est souvenu également de cette idylle.

Devant ta face, & vistement Avecque ta voix nompareille, Tu tires leurs cuœurs par l'oreille D'un vertueux enchantement?

115 Diray-je que la France toute,

De bon cuœur autre chant n'escoutte Sinon les vers de ton renom, Qui de si près la picque & touche, Qu'elle n'anime dans sa bouche

120 Autres parolles que ton nom?

Diray-je si quelqu'un soubhaicte De se feindre nouveau poëte. Il ne doit sinon epreuver Quelle est ta gloire, sans qu'il songe 125 Dessus Parnasse, ou qu'il se plonge [p. 133J

Es flotz menteurs pour s'abreuver ' ?

Page 1