ACTE I, SCENE VIII
Que m'importe, ea un pareil moment!
A nos projets!... Ainsi, pour mourir, pour combattre, Nous allons nous unir, mes amis, tous les quatre?
LES TROIS JEUNES GENS
Oui!
SEVERO, àErcole.
Le temps presse-t-il?
ERCOLE
Le roi de France accourt; II faut que les Pisans, dans un délai fort court. Soient libres dans leurs murs, l'œil à la barbacane, Pour aider les Français descendus en Toscane.
SEVERO
Ils le seront! Le ciel s'écroule sur mon front, Si je n'insurge pas la foule. Ils le seront!
LIPPO
Mais ce peuple endormi sous un joug centenaire, Il faut le réveiller par un coup de tonnerre; Faisons, pour enhardir jusqu'au plus timoré. Un acte sans retour, affreux, désespéré. Qui le force au combat, qui lui mette aux entrailles
170 SEVERO ÏORELLI.
La rage du succès, Teffroi des représailles,
Et qui donne au bourgeois le cœur d'un vétéran...
SEVERO
Cet acte quel est-il?
Le meurtre du tyran.
SEVERO
Je vois que vous m'avez bien compris tout à Theure.
Il faut que nous frappions cet homme, il faut qu'il meure,
Nous ne soulèverons Pise qu'en brandissant
Au soleil un couteau, tout rouge de son sang.
Notre devoir est là; cette tâche est la nôtre.
Êtes-vous tous prêts?
LES TROIS JEUNES GENS
Tous!
SEVERO
Frappons l'un après Tautre.
Si bien gardé qu'il soit par ses hallebardiers, Que ce soit moi qui tue ou vous qui poignardiez, Nous jurons de frapper d'une main ferme et sûre?
LES TROIS JEUNES GE N S
Oui... tous!
Oui!