‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 171 sur 252 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Vous vîntes, pour tirer des perdrix et des grouses, Voir mes grands marronniers et mes vertes pelouses; Et votre vieux parent vous donna tout son cœur. Ses premiers cheveux gris ne vous ont pas fait peur, Non plus que son manoir battu par les tempêtes. Vous m'avez accepté pour époux, et vous êtes Gomme un rosier grimpant aux murs de ma maison. Qui parfume et fleurit son antique blason. 0 toi, qui m'as donné cette joie infinie De ne pas vieillir seul et triste, sois bénie ! Toi qui de ton amour m'as fait la charité, Va ! laisse déborder ta vie et ta gaieté ! Oui, je veux retrouver mes vingt ans pour te plaire ; Je n'ai qu'une ruine et qu'un parc séculaire A t'offrir, mais cours-y librement, ma Dora, Et sois folle ! Et ton vieux compagnon sourira Lorsque ta voix, sonnant joyeuse à ses oreilles. Fera des arbres noirs s'envoler les corneilles !

DORA

Je vous aime, Richard, quand vous parlez ainsi. Mais c'est trop s'attendrir, et, dans ce moment-ci. Nous ne devons songer qu'à l'entrée en campagne... Savez-vous ce qu'on dit, milord? Que la montagne N'est plus d'un loyalisme aussi pur que jadis,

Que vc'.^s n'armerez pas môme un homme sur dix ; El que le clan, perdant Tantique obéissance, Est prêt à dire non, môme en votre présence, Môme devant le Prince en personne apparu.

LORD FINGALL, avec colère.

On ose!...

DORA

Oui, mon cher lord; mais je n'en ai rien cru. Il faudrait s'assurer, pourtant...

La cloche sonne. Les montagnards sortent de l'église. LOUD FI>GALL.

L'heure est propice.

Les voici, justement, qui sortent de l'office. Par saint André! je vais à ces audacieux Parler ferme el les bien regarder dans les yeux; Et, du premier coup d'œil, je saurai reconnaître Si mon clan sera sourd à la voix de son maître.

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