SCÈNE II
MARIE, puis DORA.
A peine Dora est-elle sortie que Marie paraît à la fenêtre du fond^ la franchit d'un bond et ferme vivement les volets.
MARIE
Je lésai devancés... Grâce à Dieu, m'y voici I... Ils sont tout près, mais ils n'ont pu me reconnaître,. Ni me voir, d'un seul bond, franchir cette fenêtre; J'avais l'avance, au moins, de trente pas sur eux... Mais cette femme elle est prise en un piège affreux... Je la hais ! Mais il faut quand même qu'elle en sorte. Lord Fingall et Gordon surveillent cette porte; Et quand, avec celui qu'il est allé quérir, Donald va les rejoindre, ils sauront bien l'ouvrir. Mon Dieu ! comment tirer lady Fingall du piège Et la faire sortir d'ici? Gomment ferai-je ? Je le veux, je le dois pourtant... J'entends des pas... C'est elle.
DORA, entrant à droite, apcr.joit Marie et jette un cri d'épouvante-
Quelqu'un !... Dieu !
LES JACOKITES.
MARIE
Ne m'interrogez pas...
Mais répondez-moi vite, ou vous êtes perdue... Dites ! cette maison n'a-t-elle qu'une issue?
DORA, <Ians le pins j^rand trouble.
Mais... pourquoi?...
MARIE
Rassemblez toute votre raison Et tout votre courage, et parlez ! La maison Où nous sommes, voyons ! n'a que cette sortie?
DORA
Oui ! contre le rocher la maison est bâtie... Deux chambres, voilà tout, et cette porte-ci.
MAHIE.
Alors, malheur sur vous, et sur le Prince aussi ! Malheur sur les Stuarts et malheur sur l'Ecosse! Ah ! vous avez commis une action atroce En prenant ce royal amant, lady Dora ! Et ce sera terrible, et Ton vous châtiera, Mais trop tard, et le crime est bien irréparable; Car vous avez perdu, sachez-le, misérable ! Par amour, par caprice... est-ce que je sais, moi? La liberté d'un peuj.le et l'avenir d'un roi !