‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 207 sur 252 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

Une fille de rien, la première venue.

Sur les amours du Prince ils fermeraient les yeux.

Leur honneur étant sauf, ces nobles orgueilleux

S'éloigneraient avec un méprisant sourire.

Oh ! l'horrible moyen que le danger m'inspire !

Mais il est sûr. Je sauve ainsi. cette Dora.

Dans la chambre voisine elle se cachera;

Et les chefs, ne trouvant rien qu'une pauvre fille.

Belle et libre après tout, n'ayant point de famille,

Dont un jeune homme s'est un instant diverti,

N'abandonneront pas le Prince et son parti...

Qu'importent ma pudeur, ma bonne renommée?

Que rÉcosse et son chef conservent leur armée !

Et puisse l'holocauste, au ciel, être approuvé.

De mon honneur perdu pour mon pays sauvé !

On frappe violemment à la porte.

DORA, se relevant épouvantée.

Ciel!

GORDON DE GLENCOÉ, au dehors.

Ouvrez sur-le-champ ! ou j'enfonce la porte.

LORD FINGALL, au dehors.

Vous attendrez, Gordon, que cette femme sorte !

DORA

Mon mari !

GORDON DE GLENCOÉ, au dehors.

Non ! Donald est par trop en retard, Et je vais attaquer la serrure au poignard; Car la dame est déjà, peut-être, dénichée.

MARIE, bas et impétueusement, eu prenant Dora par la main.

Entrez dans cette chambre et restez-y cachée. Je vous sauve !

Elle rentraînc, par la porte à droite. La porte du fond craque et s'ouvre violemment; Gordon de Glencoé se précipite dans la chambre, suivi de lord Fingall.

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