ACTE IV, SGÈÎNE II
Comme un oiseau privé volant dans la maison ! . . . »
Oh! mon Dieu ! quel chagrin! quelle horrible torture!
Elle ! morte ! . . . Gela n'est pas dans la nature !
C'est monstrueux! Je n'y crois pas!... Sur son tombeau,
Tout à l'heure, le ciel d'Avril était si beau
Et versait tellement la joie et le bien-être !
Qu'un instant, oui, j'ai cru qu'elle allait m'apparaître,
Sous les pommiers, tout blancs de fleurs, comme ceux-ci.
Et s'approcher de moi tout doucement, ainsi
Qu'autrefois, et, baissant ses yeux divins, me tendre
Son front avec son air malicieux et tendre ! . . . ^
Un nuage voila le soleil tout à coup.
Et j'ai revu sa tombe ! ... Ah ! j'en deviendrai fou !
DUNCAN
Milord, au nom du ciel ! . . .
RUTH
Mon cher lord... du courage!
LORD FINGALL.
Oh! la guerre!... Elle avait toujours eu cette rage De chasser, de monter à cheval et d'avoir Des armes... J'aurais du l'empêcher et prévoir Qu'elle ferait un jour quelque grande folie. L'empêcher! Chère enfant! Elle était si jolie. Au galop, et sautant la haie ou le fossé !
354 LES JACODITES.
Voyez-vous ! je Taimais d'un amour insensé! Alors que commença cette guerre cruelle, Joyeux, je chevauchais botte à botte avec elle, Et sans quitter le trot, dans les étroits sentiers, Pour elle j'arrachais leurs fleurs aux églantiers, Sans voir, hélas î dans mon aveuglement stupide, La Mort, qui conduisait son cheval par la bride.
On entend quelques coups de fusil tirés dans réloigncment. IIUTH.
Des coups de feu !
DINCAN.
Mon Dieu! quelque nouveau péril!
LORD FINGALL.
S'il est mortel pour moi, Duncan, ainsi soit-il î
DUNCAN, désignant la pclitc porte à gauche.
Milord, milord!... Rentrez dans votre chambre... vile!
LORD FINGALL.
Tu prévois un danger et veux que je l'évite.
Soit! Mais c'est pour te plaire, et, quand l'heure viendra,
Je suis tout préparé. . . Dora ! pauvre Dora !