‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 228 sur 252 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE PRINCE, seul.

Toujours s'enfuir! Toujours se cacher ! Quelle vie !

J'ai perdu la bataille et jene suis plus Roi, Et laisse le carnage et le deuil après moi ! O pente du malheur, si vite descendue ! .J'erre au hasard. Partout, dans ma fuite éperdue, Mon pied heurte un cadavre où les vers se sont mis, Et les gibets auxquels sont pendus mes amis! Et comme un lâche, et comme un voleur, je me sauve!. Hier, sous ce rocher, vrai trou de bete fauve, ^Dans mon sommeil, un rêve affreux m'a visité... -J'ai vu Charles Stuart, le roi décapité. Tenant par les cheveux, de ses doigts pleins de bagues, :Sa tête pâle et morte où s'ouvraient des yeux vagues. Pour me la présenter, il a tendu la main; La bouche s'est ouverte et m'a dit : « A demain ! » Et depuis lors, malgré le réveil qui délivre, -Je bulle à chaque pas, comme fait un homme ivre, •Et crois sentir, songeant à mon funèbre aïeul, Mes pieds s'embarrasser dans mon prochain linceul!... Je tressaille ! J'ai peur ! ... En suis-je donc capable?

Se levant brusquement.

Non! non ! je ne dois pas frémir comme un coupable.

Dieu voit mon cœur et sait que je n'ai rien tenté ' Que pour ma chère Ecosse et pour sa liberté. 'Ce peuple de héros qui marchait h ma suite

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