SCÈNE IX KARL, LA COMTESSE
Elle entre joyeusement par le fond.
LA COMTESSE
Karl, je VOUS annonce une femme heureuse. Vous Yoyez, j'entre par la grande porte, à présent; votre fiancée en a le droit. Je sors de chez la reine mère. Elle a été excellente. Elle sait les calomnies qu'on a répandues sur votre compte auprès de son fils. Elle n'en croit rien ; elle le détrompera. Sa Majesté est pour nous, elle nous aime; elle m'a nommée ce matin même sa première dame d'honneur... Oh! mon Karl, je suis ivre de joie et d'orgueil ! Mais <|u'avez-vous donc? pourquoi me regardez-vous ainsi ?
Mathilde, répondez sans hésitation aux questions que je vais vous adresser, votre honneur et le mien €n dépendent. Vous n'aviez pas de fortune, n'est-ce pas, quand vous avez épousé le comte Zéno?
LA COMTESSE
Aucune, je l'avoue...
KARL
Et lui-même était ruiné, lorsqu'il vous a prise pour femme?
LA COMTESSE
En effet, mais...
KARL
Mathilde, vous êtes-vous quelquefois demandé quelle pouvait être Torigine de cette richesse dont a joui le comte pendant les dernières années de sa vie et qu'il vous a léguée en mourant?
LA COMTESSE
Les femmes s'occupent-elles de ces choses? Je ne sais, on ne pouvait laisser un Zéno dans la misère. Sans doute, la générosité de la cour...
KARL
Non! vous n'ignorez pas que votre mari était en rébellion ouverte contre le feu roi, et qu'il n'est rentré en grâce que peu de temps avant sa mort. Les bienfaits d'un souverain ne peuvent enrichir un homme autant et si vite. Prenez garde à ce que vous allez me répondre, Mathilde !
Prenez garde vous-même, vous me parlez du ton d'un accusateur, et...