‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 2)Chapitre 81 sur 252 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

C'était le tour de Gian-Battista Torelli,

Du meilleur, du plus pur des citoyens de Pise.

Un murmure, pareil au souffle de la bise.

Sur le peuple assemblé longuement circula;

Mais, soudain, l'odieux Barnabo Spinola,

Gomme si pour l'instant sa cruauté fût lasse,

Leva la main et dit : « C'est assez... Je fais grâce. »

Et pourquoi ?

RENZO

Qui le sait? Le rusé podestat Craignit apparemment que l'émeute éclatât.

ERCOLE

Et Torelli?

RENZO

D'abord il rougit de colère; Mais, entendant les cris joyeux du populaire. Il se plaça — jamais il ne parut plus grand — Au bord de l'échafaud, en face du tyran : — « Barnabo Spinola, j'accepte ta clémence, » Dit-il, « sans espérer qu'un temps meilleur commence; « Mais on ne dira pas qu'un Torelli t'ait dû « Ce bienfait infamant, sans te l'avoir rendu. (( Je te fais grâce aussi ; contre toi je désarme.

ERCOLE

L'arme est bonne, c'est vrai , mais pas assez ornée. . .

SAIS'DRINO.

Voyez donc celle-ci, toute damasquinée... Un léger rinceau d'or entoure les quillons. Le pommeau représente un Mercure.

ERCOLE

Voyons !

Mais c'est une merveille, un objet d'art unique, Et qu'eût payé bien cher Laurent le Magnifique...

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