‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 104 sur 191 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LAZARE, OUROSCH, BENKO.

Au lever du rideau, Lazare, jeune soldat, montre les montagnes à Benko, sorte de Bohémien, portant sur l'épaule une guzla au long manche. Ourosch, vétéran aux moustaches grises, est assis sur un banc.

LAZARE, étendant la main vers la gauche.

Oui, chanteur, tu peux voir d'ici tout le pays. Au Nord, ces seigles mûrs, ces blés et ces maïs, Tout ce fauve horizon où le coup d'œil s'égare. C'est le pays chrétien, c'est la plaine bulgare.

176 POl H LA CUl'RONiNE.

Quand le ciel est limpide et qu'il fait grand soleil, Là-bas, on voit, dit-on, briller un point vermeil. Le Dôme de Viddin, de notre capitale.

Dans ce beau pays blond, le Danube s'élale. Couleur d'acier, et coupe en deux la région, Gomme un sabre jeté sur la peau d'un lion.

BKNKO, indiquant la droite.

Mais... au Sud?

LAZARE

Ah ! par là, c'est le Turc. Sa conquel* Au pied de nos remparts, depuis douze ans, s'arrête, Grâce aux Balkans, et grâce à nous aussi, je crois.

Il montre alternativement la droite et la gauche.

Par là, c'est le Croissant; par ici, c'est la Croix.

BEN KO, regardant les cimes.

Oui, la chaîne des fiers Balkans est effrayante.

On dirait une mer orageuse et géante.

Dont les flots pour toujours sont immobilisés.

Va, le Turc les aurait depuis longtemps forcés, Ces Balkans, sans le chef intrépide et fidèle Qui tient depuis douze ans dans cette citadelle.

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