SCÈNE TROISIÈME
On sonne le premier coup de vêpres. Marche religieuse. Les paysans se rendent à l'office. Yvonnette, qui a reparu, donne à manger au petit mendiant Janik sur une des tables du cabaret. Mais le son d'un biniou se fait entendre, et le cornemuseux Liiez, le plus beau gars de la paroisse, entre joyeusement, distribuant des poignées de main aux hommes, prenant le menton aux fillettes. Au seul bossu, il ne témoigne que du dédain. Le second coup de vêpres sonne. S'approchant d'un marchand de chapelets. Liiez veut en acheter un de son choix; mais le colporteur est exigeant, car
LA KOinUdAM..
ce chapelet est bénit, et protège des Korrigans, ainsi (juo l'explique le petit Janik. Liiez n'ose toucher le chapelet qu'avec respect. Le bossu, qui assiste au marché, se moque alors de la crédulité du joueur de biniou ; mais celui-ci, conseillé par Janik, achète le chapelet et le serre avec soin dans sa veste.
Dernier coup de vêpres. M. le Bailli et Mme la Baillive, M. le Brigadier de la Maréchaussée et sa femme, suivis de leurs familles et des autorités du village, passent au fond et entrent à l'église où la foule les suit. Pendant cette scène, Yvonnette suit Liiez d'un regard passionné; car elle a la folie d'aimer le beau musicien. Lorsqu'ils sont restés seuls. Liiez va pour boire au puits; mais Yvonnette lui apporte un verre de cidre. II la regarde avec bienveillance. — Que fais-tu là? Pourquoi ne pas aller à la fête comme les autres ? — Elle lui montre ses pauvres vêtements, et Liiez, se méprenant sur l'intention de la pauvre fille, tire de sa bourse un écu de six livres, le lui met dans sa main, et entre à son tour dans l'église. Yvonnette fond en larmes en regardant cet argent de Tauinùne, et le bossu, (jui a tout observé, vient la railler encon» une fois; mais elle le chasse avec