‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 128 sur 191 · ACTE 1, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VI

A toujours imploré le ciel pour ce pays. La volonté de Dieu soit faite ! J'obéis. J'accepte le devoir encor plus que le titre. Mais, ayant sur le front la couronne et la mitre, 0 vaillant Brancomir, je viens d'abord vers toi Pour t'offrir le baiser paternel de ton roi. Mon règne sera court; car sur moi la nuit tombe; Sous mon trône je sens le vide de ma tombe. Tu seras tout à fait vainqueur, quand je mourrai, Et deviendras le roi du pays délivré.

Jusque-là, Brancomir, de cœur et de pensée Soyons unis tous deux pour Toeuvre commencée. L'œuvre sainte qu'il faut poursuivre sans répit; Et, pour qu'on sache bien qu'aucun mauvais dépit N'a glissé dans ton sein sa perfide vipère, Viens embrasser ton roi qui t'aime comme un père Et viens t'agenouiller aux pieds de ton pasteur.

MICHEL, à part.

Moi, fléchir le genou devant cet imposteur.

Cet hypocrite !... Oh ! Dieu ! subir un tel outrage !

L'ÉVÊQUE-ROI

Viens, je t'ouvre mes bras, qu'attends-tu?

^\i PO un LA nOUHONNE,

BAZILIDE, bas, à Michel.

Du courage!

Il est le maître encore et tu dois obéir.

Michel, domptant sa fureur, s'approche d'Etienne, qui l'embrasse: puis il s'agenouille devant l'évêque qui lui pose les deux mains sur la tête.

BEN KO, à part.

J^arrive à temps... Cet homme est bien mûr pour trahir.

L'ÉVÊQUE- KOI.

Maintenant, je vous fais mes adieux et regagne Viddin, heureux d'avoir salué la montagne, Le libre et fier Balkan, boulevard de la Foi ! Je retourne aux autels où je prierai pour toi, Brancomir, champion de l'Europe chrétienne ! Et nulle gloire, ami, n*est égale à la tienne; Car, pareil à Tarchange écrasant les démons. Tu tiens la barbarie au pied de ces vieux monts, Immobile, vaincue et de terreur frappée Par Téblouissement de ta sublime épée !

LES SOLDATS

Vive le Roi !

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