‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 187 sur 191 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CONSTANTIN, seul, s'adressant à la statue.

Eh bien ! figure triomphante, Réjouis-toi de voir ce que ton crime enfante. Il me faut Texpier, moi, ton fils innocent. Dis, suis-je assez puni d'avoir versé ton sang? Compare nos destins, ô mon père, confronte Ta gloire imméritée et mon injuste honte. Tu mérites l'opprobre et tu m'en vois couvrir; Ton juge est condamné, ton bourreau va mourir. En nous deux, la justice est deux fois outragée; Spectre, es-tu satisfait? Victime, es-tu vengée? Triomphe, homme d'airain, on va meurtrir ma chair Et Satan tout joyeux en rit dans son enfer !... Non, calme-toi, mon cœur ! Point de révolte impie ! Il est bon que je meure, il est bon que j'expie. J'ai dû frapper, je n'ai pas pu faire autrement, Mais j'ai tué mon père, il faut un châtiment; Et nous fûmes tous deux, dans l'affreuse aventure. Lui, traître à son pays, moi, traître à la nature. Je t'ai pris, justicier intègre et convaincu.

Mï POUIl LA COIIHONNE.

La vie, à toi sans qui je n'eusse pas vécu;

Il est juste, à présent, que je me sacrifie

Et sauve ton honneur, en te donnant ma vie.

Je suis quitte envers toi. J'ai lavé — tout est bien ! —

Ton crime dans ton sang, ta gloire dans le mien.

Que le fer du bourreau se lève vite et tombe !

Que j'emporte ta faute à jamais dans ma tombe î

Et que ce monument, à tes hauts faits bien dû,

Enfin purifié par mon sang répandu.

Sans plus craindre, ô sanglant passé, que tu le voiles

Ait le droit de lever le front dans les étoiles !

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