‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 3)Chapitre 49 sur 191 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

HENDRICK

Rappelez-vous la nuit d'orgie !

Ayant déjà perdu votre part de butin,

A la table de vin rougie Vous perdiez, vous perdiez encor, jusqu^au matin!

C'étaient la ruine et la honte...

Pour mourir vous teniez le pistolet levé...

Qui donc, sans vous demander compte, A tout payé? Qui donc, Ambi os, vous a sauvé?

AMBROS

Vous! Vous! c'est vrai... J'étais ingrat, perfide même.

Mon passé, le voilà!

Oui, que votre désir soit mon arrêt suprême :

Je renonce à Nella !

Et si son jeune cœur un instant put s'éprendre, Je veux Contre elle-même la défendre Et lui rendre son cœur en dessillant ses yeux.

HENDRICK

Oui, rendez-lui son cœur en dessillant ses yeux!

86 MAITUE AMItnOS.

AMBROS

Châtiment qui m'accable !

Souvenir implacable Que je croyais chassé !

Voici que le passé Se dresse, inexorable, Et rien n'est effacé!

HENDRICK

Doux espoir qui m'enflamme !

Je l'attends, je l'attends ce moment bienheureux Où va s'ouvrir son âme, Où vont s'ouvrir ses yeux !

AMBROS, à part.

Il le faut!... Lui parler? Non pas, je ferai mieux : Redevenir, une heure, en sa présence.

Le matelot brutal et querelleur...

Le voilà, le moyen ! Inspire-lui l'horreur, Ambros! que ton amour lui paraisse une offense, Et le sien une erreur !

HENDRICK

Puis-je compter sui \uu>, Ambius V

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