‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 4)Chapitre 58 sur 89 · SCENE DE TSARDA · texte numérisé non relu

SCENE DE TSARDA

Il est tard. La tsarda penche sur l'eau son mur. Mais ne peut s'y mirer, tant la rivière est sombre.

Taverne.

Le bac jreste immobile, à la chaîne, dans l'ombre. Le monde se repose et le ciel est obscur.

Quel bruit dans la tsarda ! Chants et cris |à la ronde.] Le cymbalum Irissonne [et retentit sans fm. « Eh ! l'hôtesse ! Fleur d'or ! jApporte-nous du vin, Vieux comme mon 'aïeul' et jchaud comme ma blonde !

« Allons, Tsigane ! Ici [tout de suite, et dansons ! Que la danse me brûle à son ardente flamme ! Je veux perdre en sautant mon argent .et toon ;âme. Donc, tu vas nous jouer tes plus folles chansons. »

Mais on frappe à la vitre. — « Holà ! qu'on se dégrise ! C'est un vacarme afïreux. Mon maître veut dormir. » — « Qu'il aille au diable !... Et toi, Tsigane, fais frémir Ton [archet,' Tallût-il te donner ma chemise ! »

Onjfrappe de nouveau. C'est |un |enfant. — « Pitié !... Un peu plus bas !... Ma mère est malade... ma mère ! » On fait : « Chut ! )> au Tsigane, on'boit le fond du verre, Et tous les gars s'en vont sur la pointe du pied.

Page 1