‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 4)Chapitre 64 sur 89 · RUINES DU CŒUR · texte numérisé non relu

RUINES DU CŒUR

Mon cœur était jadis comme un palais romain, Tout construit de granits choisis, de marbres rares. Bientôt les passions, comme un Ilot de barbares. L'envahirent, la hache ou la torche à la main.

Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain. Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares. Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ; Et les ronces avaient eflacé le chemin.

232 ARIUÈRE-SAISON.

Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre. Des midis sans soleil, des minuits sans un astre, Passèrent, et j'ai, là, vécu d'horribles jours ;

Mais tu parus enfin, blanche, dans la lumière, Et. bravement, afin de loger nos amours. Des débris du palais j'ai bâti ma chaumière.

Page 1