‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 4)Chapitre 86 sur 89 · RUE LACÉPÈDE, AU CINQUIÈME · texte numérisé non relu

RUE LACÉPÈDE, AU CINQUIÈME

Dès le seuil, le frisson vous gagne.

Voyez ! des meubles sans valeur, La vue, au loin, sur la campagne.

Et le carreau mis en couleur.

C'est très pauvre, mais très honnête.

Le vieux chat dort dans un fauteuil ; Rien de gai, que la chansonnette Que siffle en sa cage un bouvreuil.

APPARTEMENTS A LOUEU. 299

On devine dans la commode Beaucoup de tiroirs à secrets ; Un piano d'ancienne mode A devant lui deux tabourets.

Là, des femmes, des âmes douces, Coulent des jours très ennuyés.

Toutes les chaises ont des housses Et des petits ronds pour les pieds.

Un tas de vieux enfantillaçres Sont conservés avec bonheur :

Napoléon en coquillages, Et, sous verre, une croix d'honneur

Un affreux portrait de fabrique Nous fait voir, sous un oranger, Un ancien officier d'Afrique Du temps de la prise d'Alger.

Ici doit habiter sa veuve.

Fidèle et gardant son anneau, Avec ses deux filles : à preuve.

Les tabourets du piano.

Elles végètent, pauvres femmes !

La maman tricote des bas Et les fillettes font des gammes; Elles ne se marieront pas.

Et l'on fait une réussite Quand le couvert est retiré ; Car, dès longtemps, on sollicite Un bureau de papier timbré.

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