POUR TOUJOURS
Ce désir décevant, ce cher espoir trompeur,
Jamais nous n'en parlâmes, Et je soufïre de voir que nous en ayons peur,
Bien qu'il soit dans nos âmes.
Lorsque je te murmure, amant interrogé,
Une douce réponse, C'estlemot: — Pourtoujours! — sur les lèvres, quej'ai,
Sans que je le prononce;
Et, bien qu'un cher écho le dise dans ton cœur.
Ton silence est le même Alors que sur ton sein, me mourant de langueur, m
Je jure que je t'aime.
Qu'importe le passé? Qu'importe l'avenir?
La chose la meilleure, C'est croire que jamais elle ne doit finir.
L'illusion d'une heure.
Et quand je te dirai : — Pour toujours ! — ne fais rien
Qui dissipe ce songe.
Et que plus tendrement ton baiser sur le mien
S'appuie et se prolonge !