‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 5)Chapitre 45 sur 115 · DANS LA RUE, LE SOIR · texte numérisé non relu

DANS LA RUE, LE SOIR

Neuf heures. On entend la retraite aux tambours. Les grisettes s'en vont du côté des faubourgs, Apres avoir fini la tâche journalière.

C'est comme un coup de pied dans une fourmilière ; En waterproof, avec le petit sac de cuir. Rapides, on les voit de tous côtés s*enfuir Vers la famille ou vers les amours clandestines. — Blanchisseuses de fin, piqueuses de bottines, Filles de Montparnasse et de Ménil montant. Heureux, si son cœur bat, celui qui vous attend.

NOCES ET FESTIiNS

Tandis qu'au restaurant en face :Aux barreaux verts,

On prépare, au salon de cinquante couverts,

Un de ces longs repas que l'argenteuil arrose

Et qu'orne un grand nougat surmonté d'une rose.

Toute la noce, avec de gros rires grivois.

Monte joyeusement sur les chevaux de bois

Et tourne, au son de l'orgue, en enfilant des bagues ;

Et c'est dans la banlieue, auprès de terrains vagues,

Où le beau-père et les gens mûrs, à quelques pas,

Vont jouer au bouchon et mettent habit bas.

AU LIOiN DE BELFORT

Si je gravais des vers sur ton socle de pierre,

Certes, j'exalterais tes combats glorieux,

0 monstre colossal, qui, seul victorieux.

Seul peux montrer les crocs et froncer la paupière!

Je dirais qu'on t'a vu, jusqu'à l'heure dernière, Fauve géant, qui fus digne des fiers aïeux. Rejeter loin de toi, sanglant et furieux, L'assaut des cent chacals pendus à ta crinière.

Page 1