‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 5)Chapitre 81 sur 115 · ESPOIR TIMIDE · texte numérisé non relu

ESPOIR TIMIDE

Chère âme, si l'on voit que vous plaignez tout bas Le chagrin du poète exilé qui vous aime, On raillera ma peine, et Ton vous dira même Que l'amour fait souffrir, mais que l'on n'en meurt pas.

Ainsi qu'un mutilé qui survit aux combats, L'amant désespéré qui s'en va, morne et blême, Loin des hommes qu'il fuit et de Dieu qu'il blasphème, N'aimerait-il pas mieux le calme du trépas?

Chère enfant, qu'avant tout vos volontés soient faites ! Mais, comme on trouve un nid rempli d'œufs de fauvettes Vous avez ramassé mon cœur sur le chemin ;

Si de Tanéantir vous aviez le caprice.

Vous n'auriez qu'à fermer brusquement votre main,

— Mais vous ne voudrez pas, j'en suis sûr, qu'il périsse î

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