TRISTEMENT
Ses longs vêtements noirs lui faisant un sillage Traînent en bruissant dans le feuillage mort; Elle suit du regard la fuite d'un nuage Sous le vent déjà froid et qui chasse du nord.
Elle songe à l'absent qui lui disait : Je t'aime ! Et, sous le grand ciel bas qui n'a plus un rayon, S'aperçoit qu'avec la dernière chrysanthème Hier a disparu le dernier papillon.
Elle chemine ainsi dans l'herbe qui se fane, Bien lasse de vouloir, bien lasse de subir, Et toujours sur ses pas les feuilles de platane Tombent avec un bruit triste comme un soupir.
— En vain, pour dissiper ces images moroses. J'invoque ma jeunesse et ce splendide été. Je doute du soleil, je ne crois plus aux roses. Et je vais le front bas, comme un homme hanté.
Et j'ai le cœur si plein d'automne et de veuvage Que je rêve toujours, sous ce ciel pur et clair, D'une figure en deuil dans un froid paysage. Et des feuilles tombant au premier vent d'hiver.
FANTAISIE NOSTALGIQUl-
A SULLY-PRUDIIOMME
D'être ou de n*ôtre pas je n'ai point eu le choix, Mais, dans ce siècle vide, ennuyeux et bourgeois. Je suis comme un enfant volé par des tziganes. Qui chassa les oiseaux avec des sarbacanes, Et devint saltimbanque et joueur de guzla. Longtemps il n'a mangr que le pain'qu'il vola. Et, comme un loup, il n'eut que les bois pour repain Puis, un beau jour, il est retrouvé par son père,