‹ Œuvres complètesChapitre 235 sur 416 · MÉTASTASE, PERNETT'L · texte numérisé non relu

MÉTASTASE, PERNETT'L

Ail mon cher, qu'il tardait à mon impatience

De vous voir sans témoins ; au plus tôt contez -moi ,

De cet heureux succès la moindre circonstance.

PERNETII.

Mécoutez-vous?

MÉTASTASE

Beaucoup.

PERNETTI

Jamais telle aftluence!

Parquet, loges, parterre, et tout Naple entassé, Demandait à grands cris que l'on ouvrit la scène. Quand l'acteur a paru , des qu'il a commencé , Un silence profond , on respirait à peine.

MÉTASTASE

Je frémis; quel moment! que je suis agité!

PERNFTTI.

Bientôt le doux plaisir, par degrés excité , Se glisse dans les civurs ; au plus léger murmure : Paix-là ! s'écriait-on : paix ! paix ! et puis des bis , Des batlemens de mains , des bravo. L'on assure Que le vice-roi même animait les esprits , Du geste, de la voix: et l'aimable marquise, Oui, sa fille, dit-on, s'avançait, se penchait Sur le bord de sa loge , et de vos vers éprise , En applaudissemens , en bravo s'épuisait.

MÉTASTASE

Quel excès de bonté ? Son suffrage , ce zèle , Sont de mes faibles vers le prix le plus heureux. La gloire ne vaut pas le souris d'une belle.

PEHNETTl.

Mais ce qui met aux champs l'essaim des curieux , C'est de connaître enfin lauteur d'un tel ouvrage ; Chacun cherche, s'informe; on nomme tour à tour Les beaux-esprits connus , les poètes du jour.

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