SCÈNE PREMIÈRE
Ù'ARVIEUX, ROSETTE.
d'arvieiix.
Eh ! comment va ma nièce ?
Elle dort , parlons bas.
Son rhume s'adoucit ; mais ma foi sa retraite Durera quelque temps.
d'arvieuy.
Tant mieux : je le répète Quand on reste chez soi, l'on ne s'enrhume pas. M«is il faut qu'elle coure et quelque temps qu'il fasse De marchands en marchands pour des colifichets.
ROSETTE
Il faut bien acheter des chapeaux , des bonnets.
d'arviedx.
Achetez du bon sens.
ROSETTE
Où le vend-on , de grâce ?
d'arvieux.
Enfin , ce train de vie et me choque et me lasse. C'est sa cousine ict qui cause ses travers.
ROSETTE
Madame de Blainville ?
d'arvip.o*.
Oui , madame Blainville.
Avec elle chez moi sont entrés à la file, Et la coquetterie, et la mode , et les airs.
ROSETTE
Croyez , monsieur, que le désir de plaire Se développe en nous tout naturellement; La fille le reçut en naissant de sa mère. Cette fille à son tour le lègue à son enfant, tt mc.dame Blainville...
d'arviecx.
Abrège la harangue.
Que fait-elle chez moi depuis uli an et plus?
ROSETTE
Madame apprend l'anglais.
d'arvieox.
Qu'elle apprenne sa langue.
ROSETTE , à part.
11 est original.
d'arvieox.
Mais brisons la-dessus.
LES RIVALES
Revenons à ma nièce.
ROSETTE
Elle vous est bien chère ?
n'ARVlElIX.
Parbleu, je le crois bien, c'est l'enfanl de mon frère. Écoute ; de son cœur aurais-tu le .secret? A-l-elle pour l'iiymen formé quelque projet?
ROSETTE
Mais vraiment,..
d'arvieuy.
Point de mais : je veux qu'on me réponde. Une jeune beauté s'envelo|)pe avec soin , Son crt'iir ressemble à l'eau tranr(uille mais profonde. On voit bien la suiface : on ne voit pas plus loin.
d'arvieiix.
Chansons , an premier joiu-, demain sans plus attendre , J'arrête son hymen.
rosette.
Je commence à comprendre.
Avec le beau Forlis : j'approuve vos projets. Il est charmant.
d'arviedx.
D'accord.
rosette.
Très riche.
d'arviedx.
Je le sais.
ROSETTE
Plein d'honneur.
d'arviecx.
J'en conviens.
ROSETTE
D'un heureux caractère.
d'arviecx.
Soit : mais je t'en réponds, il ne l'aura jamais.
ROSETTE
La raison ?
d'arviecx.
La raison , qu'il est fils de son père. Des besoins de l'état, des maux de son pays, Le traître a profité pour fonder sa fortune. Bien loin de soulager la misère commune. Ses regards altérés dévoraient nos débris. Si la loi n'atteint pas des gens de cette espèce, Du moins l'opinion doit les avoir flétris ; Et celui qui partage avec eux leur richesse, Du public indigné partage le mépris.
Je sors; à mon retour je gronderai j'espère.
ROSETTE
Vous en vivrez dix ans de plus. ( A part.) J'en ris . 11 m'amuse beaucoup quand il est en colère. On vient : des inconnus ; qui peut nous adresser?...