Vab. (D) : Ou s'il vous en souvient
17, 18. Vak. (jbid.) :
J'avois toujours fiiit cas, aimant cliose si liaute, De ne m'en départir jusques a mon trépas.
CONSOLATIO^" A MOJVSIEUR DU PERIER , GENTILHOMME d'aIX E?f PROVENCE, SUR LA MORT DE SA FILLE.
Ces stances, les plus célèbres de Malherbe, ont été écrites postérieurement au mois de juin 1399, puisque le poëte y fait allusion à la mort de ses deux premiers enfants, dont le second mourut dans ses bras, à Caen, le 2 3 juin de cette année. EUes furent imprimées en i^QJ, dans le tome U du Parnasse des plus excellents poètes rie ce temps , et avaient d'abord paru en Provence , en feuille volante. Cette première édition, aujourd'hui introuvable, contenait de nombreuses variantes , que Huet avait transcrites sur un exemplaire des œuvres de Malherbe (édition de i6(Sfi). Saint-Marc eut communication de ce volume, et c'est d'après lui que nous donnerons les variantes.
François du Périer, lils de Lauient du Périer, avocat au parlement d'Aix, était un grand ami de Malherbe, qui en parle souvent dans ses lettres. Sa fille s'appelait Marguerite. On raconte que Malherbe avait d'abord rédigé ainsi le vers 1 5 :
Et Rosette a vécu ce que vivent les roses ;
mais à l'imprimerie on déchiffra mal le manuscrit, et l'on mit Roselle au lieu de Rosette. En lisant l'épreuve à haute voix, le poëte fut frappé de ce changement et écrivit le vers tel qu'il est aujourd'hui. Nous ne savons où cette anecdote fort connue a été rapportée pour la première fois, mais elle nous semble démentie par la rédaction primitive du vers en question que nous donne une variante rapportée plus bas.
Dans un manuscrit de la collection Gaignières, à la Bibliothèque impériale (n° looi, p. 27.4), on trouve une parodie de cette pièce, à propos d'un factum de Sacy pour M. de Pommereu. Elle commence ainsi :
Ta fureur, de Sacv, sera-t-elle éternelle?
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours?
Le malheur de ta fille au tombeau descendue, 5
Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale , où ta raison perdue
Ne se retrouve pas?
Je sais de quels appas son enfance étoit pleine,
Et n'ai pas entrepris, 1 o
Injurieux ami, de soulager ta peine Avecque son mépris.
Mais elle étoit du monde , où les plus belles choses Ont le pire destin ;