Var. {ibid.) : M'emporte
II, 19.. Vak. [ihiii.) :
Puisqu'à sa honte elle m'accuse De ce que je n'ai point eoinnils.
Que je pusse la trouver belle , Pâlir, transir, languir pour elle, Et ne m'en apercevoir pas ?
Oh ! qu'il me seroit désirable
Que je ne fusse misérable ao
Que pour être dans sa prison !
Mon mal ne m'étonneroit guères ,
Et les herbes le plus vulgaires
M'en donneroient la guérison.
Mais , ô rigoureuse aventure ! a 6
Un chef-d'œuvre de la nature ,
Au lieu du monde le plus beau ,
Tient ma liberté si bien close ,
Que le mieux que je m'en propose
C'est d'en sortir par le tombeau. 3o
Pauvre Philis malavisée ,
Cessez de servir de risée ,
Et souffrez que la vérité
Vous témoigne votre ignorance ,
Afin que perdant l'espérance, 3 5
Vous perdiez la témérité.
C'est de Glycère que procèdent Tous les ennuis qui me possèdent,
21 . Daiis l'édition de i63i et dans certains exemplaires de l'édition de i63o, ce vers a une syllabe de moins par suite de l'élision :
Que pour être en sa prison.
22. V,iR. (G, I, K, M, etc.) : Mes douleurs ne dureroient guères.
23. Vah. (ifiSi, etc.) : Et les herbes les plus vulgaires. 27. Vab. (G, I, K, M, etc.) : Eu un lieu si fort et si beau.
POÉSIES, XXllI. loi
Sans remède , et sans réconfort ;
Glvcère fait mes destinées , 4o
Et comme il lui plaît mes années
Sont ou près ou loin de la mort.
C'est bien un courage de glace ,
Où la pitié n'a point de place,
Et que rien ne peut émouvoir ; 4 5
Mais quelque défaut que j'y blâme ,
Je ne puis l'ôter de mon âme ,
Non plus que vous y recevoir.